Histoire h1099

Deuxième Guerre mondiale

Les débuts de la guerre

L’invasion de la Pologne

L’Allemagne avait fixé l’invasion de la Pologne au 1er septembre 1939. Deux jours plus tard, la Grande-Bretagne et la France déclarent officiellement la guerre à l’Allemagne qui n’a pas respecté ses engagements. Le Japon et l’Italie n’ont pas réagi immédiatement. L’armée allemande, très forte, n’a pris que trois semaines pour conquérir la Pologne. Comme prévu, son territoire fut divisé entre l’Allemagne et l’URSS.


Les troupes allemandes en Pologne

L’invasion de l’Europe

Les Alliés sont restés campés sur leurs positions, préférant défendre les points forts et stratégiques et prendre le temps de se réarmer. N’ayant pas vu la guerre venir aussi rapidement qu’Hitler l’a préparée, les pays alliés disposaient d’une armée moins forte. Ils ont tout de même vainement tenté un blocus qui aurait contraint l’Allemagne à déposer les armes. En avril 1940, les armées allemandes occupaient la Norvège et le Danemark. Le 10 mai 1940, ces armées envahissaient les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg. Les Allemands réussissaient également une percée dans le front français. Le 14 mai, les Pays-Bas déposaient les armes. Le 28 mai, les forces britanniques en Belgique étaient encerclées. L’armée belge capitulait. La direction de l’armée française manquait de cohésion, ne réagissait pas assez rapidement et n’attaquait pas assez fort. Finalement, la France signait l’armistice avec l’Allemagne le 22 juin et avec l’Italie le 24 juin.


Les Allemands défilent à Paris, près de l’Arc de triomphe

La Grande-Bretagne se trouvait alors seule devant l’envahisseur. Les Allemands voulaient débarquer en sol britannique et ont lancé de nombreuses attaques aériennes en bombardant de nombreuses villes. Le moral de la population britannique était au plus bas. Londres fut d’ailleurs bombardée toutes les nuits entre le 7 septembre 1940 et janvier 1941. La ville résistait et l’armée britannique retenait l’invasion allemande.

Le support allemand aux troupes italiennes

Les armées italiennes éprouvaient des difficultés en Méditerranée. Les troupes allemandes sont donc allées les aider en avril 1940, ce qui a causé l’invasion de la Grèce et de la Yougoslavie.

La mondialisation du conflit

Ne parvenant pas à envahir le territoire britannique, les Allemands ont entrepris de couper les vivres en contrôlant l’Atlantique. Cette décision a provoqué un premier rapprochement entre le Royaume-Uni et les États-Unis. Grâce à la Loi Prêt-Bail, Londres pouvait s’équiper à crédit aux États-Unis. Les armées américaines ne participaient pas encore activement à la guerre. Toujours en 1941, le 22 juin, les troupes allemandes ont brisé le pacte germano-soviétique en envahissant l’URSS. Le parti nazi lançait cette invasion pour attaquer directement les communistes, étendre l’expansion vers l’est et abattre le seul allié vers lequel la Grande-Bretagne pouvait se tourner.

L’invasion de l’URSS

Le 3 décembre 1941, les troupes allemandes atteignaient Moscou, mais l’URSS ne s’effondrait toujours pas. Les Allemands étaient ralentis par la boue, le froid et les nombreux partisans russes qui attaquaient les troupes par l’arrière.

Pendant ce temps au Japon

Toujours en plein expansionnisme, le Japon poursuivait ses avancées territoriales. C’est cette avancée japonaise qui a fait réagir les États-Unis : ils y ont en effet interdit les exportations de pétrole en août 1941. Face à cette menace nouvelle, le Japon a tenté d'éliminer les Américains du conflit : le 7 décembre 1941, l’aviation japonaise a détruit  une grande partie de la flotte américaine à Pearl Harbor.
 

L’attaque de Pearl Harbor
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C’est à ce moment que les États-Unis sont officiellement entrés en guerre. Ils souhaitaient mettre fin à la supériorité japonaise dans le Pacifique. Les Japonais contrôlaient d’ailleurs plusieurs archipels de l’océan Pacifique et menaçaient de plus en plus les terres australiennes.

Perte de puissance de l’Axe

Le 23 août 1942, les troupes allemandes étaient encerclées à Stalingrad. Malgré la position vulnérable de ses soldats, Hitler a insisté pour qu’elles y restent. Les troupes allemandes se sont rendues le 2 février 1943, marquant la première grande défaite de l’Axe depuis le début de la guerre. Cette défaite a affaibli la puissance de l’Axe, mais aussi la confiance des troupes face à Hitler. Selon plusieurs soldats, l’entêtement d’Hitler était l’unique responsable des 250 000 morts. La situation de l’Axe a dépéri au cours de 1942 : troupes chassées d’Égypte, capitulation en Afrique du Nord causée par les troupes anglo-américaines. Au début de 1943, l’Axe était en situation de défense sur tout son territoire. Juillet 1943 fut d’ailleurs la date de la dernière tentative offensive des troupes allemandes.

La force des Alliés

L’arrivée des troupes américaines et de leur matériel a augmenté les forces alliées. Dès 1942, toutes les troupes alliées étaient mieux organisées. La force maritime était d’ailleurs plus forte que celle de l’Axe. Les troupes alliées profitaient également du nouveau dispositif de détection : le radar. Les Américains poursuivaient leurs combats dans le Pacifique pour ralentir l’expansion japonaise. Les forces américaines ont profité d’une nouvelle force dans le combat maritime : les porte-avions.
 

Le porte-avions USS Wasp
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Le 10 juillet 1943, les Alliés sont arrivés en Sicile, provoquant la destitution et la mort de Mussolini. L’armistice était négocié lorsque les Allemands ont lancé une intervention qui leur a permis de prendre le contrôle de l’Italie dès septembre 1943.

Les offensives soviétiques

Après la victoire à Stalingrad, les troupes soviétiques ont pris le dessus sur les troupes allemandes. Elles poursuivaient leur progression vers Berlin et au-delà. Repliés, les Allemands ont perdu la ville sous la pression russe. En 1944, les Russes entraient en Pologne.

L’occupation nazie

L’année 1942 a marqué l’apogée du Troisième Reich. Les Allemands avaient accumulé plusieurs conquêtes territoriales.


Les conquêtes de l'Axe entre 1939 et 1941 (cliquer pour agrandir)
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L’administration des pays conquis

Selon les principes nazis, les territoires conquis servaient à augmenter l’espace vital des Allemands. La germanisation de ces territoires impliquait donc d’expulser le peuple conquis et de coloniser le territoire. Ce fut cette politique qui fut appliquée en Pologne, en Alsace, en Slovénie et au Luxembourg.

En Pologne, en 1940, les colons allemands furent installés à l'ouest du pays tandis que les Polonais étaient repoussés vers l’est. Au fur et à mesure que le front avançait vers l’est, les Polonais étaient constamment repoussés, voire assassinés.

Dans la politique nazie, les peuples étaient classés en fonction de leur valeur et de leur pureté. Ce classement a influencé l’attitude des troupes à l’égard des peuples vaincus : Germains, Latins, Slaves, Scandinaves, Luxembourgeois, Néerlandais, etc. Pour faire partie de la race aryenne, de la race pure, il fallait écarter les impurs, c’est-à-dire les juifs.
 
Certains territoires (dont la Pologne et la Russie) qui étaient directement administrés par l’État allemand étaient victimes d’un pillage sans pitié et de l’exploitation des matières premières. D’autres territoires étaient annexés et administrés par des dirigeants allemands. Les Allemands mettaient en place ce genre d’administration lorsqu’ils ne trouvaient pas de collaborateurs locaux jugés satisfaisants. Le nord de la France, la Norvège et les Pays-Bas furent administrés de cette manière. Finalement, certains pays conservèrent une administration nationale avec un gouvernement propre, à condition que ce gouvernement collabore suffisamment avec le régime nazi. Le reste de la France, la Serbie et la Slovaquie eurent leur gouvernement propre pendant l’occupation allemande.

Les collaborateurs

Outre les gouvernements locaux, plusieurs collaborateurs ont favorisé la montée du nazisme et la force allemande. L’Allemagne profitait de ses nombreux collaborateurs économiques et industriels. Plusieurs entreprises travaillaient pour les besoins de l’armée allemande. Plusieurs d’entre elles rachetaient les entreprises ayant appartenu aux juifs. Les conquêtes nazies ont également favorisé à l’essor des banques suisses et suédoises, grâce à l’or et aux richesses confisquées aux juifs et entreposées dans les banques de ces pays neutres.
 
En fait, le contexte politique et la puissance allemande faisaient en sorte que tous ceux qui commerçaient en faveur du parti nazi amassaient des fortunes pendant la guerre, même pour les organisateurs du marché noir pendant la guerre dans les pays en rationnement. Les nazis profitaient aussi des recherches scientifiques de leurs collaborateurs : création d’un produit de remplacement au pétrole, fabrication de la bombe atomique, etc. Plusieurs écrivains collaboraient avec le parti nazi, ce qui facilitait la propagande de leurs idéologies.

Le pillage des pays vaincus

Les pays conquis devaient payer les frais liés à l’entretien de l’armée. Les dirigeants nazis exploitaient les matières premières et les denrées alimentaires. Toute la main-d'oeuvre était employée dans les usines locales (surveillées et contrôlées) ou était déportée en Allemagne pour y travailler dans les usines. Les prisonniers et les détenus des camps effectuaient du travail forcé au profit des entreprises allemandes. C’est ce pillage systématique qui rendait l’Allemagne toujours plus forte, en dépit des grandes dépenses encourues depuis le début de la guerre.
 
Lorsque l’Allemagne a commencé à manquer de main-d'oeuvre masculine (tous les hommes étaient au front), elle a fait appel à de la main-d'oeuvre importée : prisonniers, volontaires, réquisitions. Au coeur de la guerre, 12 à 14 millions d’étrangers travaillaient en Allemagne.

La résistance

Dans les pays conquis, les armées avaient cessé le combat et les Allemands s’occupaient de l’administration. Toutefois, la population ne baissait pas les bras. Plusieurs personnes participèrent à la résistance. Cette résistance s’organisait par l'intermédiaire de Londres où certains gouvernements (Norvège, Belgique, Pologne) s’étaient réfugiés. En France, la Résistance était menée par Charles de Gaulle et rassemblait 70 000 hommes à l’automne 1941. Plusieurs groupes de résistance se formaient simultanément dans la France allemande.


Charles de Gaulle, dirigeant de la résistance française

Le 27 mai 1943, la première réunion du Conseil National de la Résistance eut lieu à Paris. Ce conseil visait à unifier les mouvements de résistance de manière à mieux organiser les actions. Les Britanniques, toujours invaincus, soutenaient la presse clandestine, assuraient la communication entre les résistants, participaient au parachutage d’armes et de matériel. En 1944, ils ont fortement collaboré à la préparation du débarquement de Normandie.
 
Simultanément, des groupes de résistance communistes recevaient leurs ordres de Moscou et participaient à des actes de sabotage, des évasions et à la contre-propagande. Par mesure de sécurité, tous les résistants devaient fréquemment changer de nom et de lieu de résidence. Pour éviter les menaces sur leur famille, ils devaient les quitter. Chaque résistant ne connaissait que quelques membres du réseau. De cette manière s’ils étaient emprisonnés ou torturés, le réseau fonctionnerait encore. Les gens de la population participaient efficacement à ces mouvements en cachant des juifs, en fournissant du matériel, des plans et des informations obtenues en travaillant avec les Allemands. Plusieurs d’entre eux commettaient également des actes de sabotage qui nuisaient aux communications et au transport des nazis.


Un résistant français

La résistance était bien organisée dans tous les pays occupés, mais était inexistante en Allemagne. La répression y était si forte, avec de nombreuses arrestations et exécutions. La résistance allemande s’exprimait surtout par la musique jazz, interdite par le parti nazi. Tous ces résistants avec le risque très élevé de se faire démasquer par la Gestapo. Cette police militaire, formée dans les années 1930, était surtout active dans les pays occupés. Ses membres devaient traquer les juifs et les résistants. Arrêtant, torturant et les envoyant dans les camps, la Gestapo suscitait la terreur dans les pays conquis.
 
Lorsque la Gestapo trouvait des opposants, elle n’hésitait pas à exécuter les gens sur la place publique. La répression et la terreur faisaient partie de ses moyens de dissuasion. Plusieurs villages furent rasés alors que leur population était massacrée. Malgré tout, les Résistants poursuivaient leurs actions. D’ailleurs, le 20 juillet 1944, il y eut une tentative d’assassinat sur Hitler. L’attentat à la bombe ne s’est pas déroulé comme prévu et Hitler fut seulement blessé.
 

Hitler constatait les dégâts après la tentative d’assassinat

L'Holocauste (Shoah)

Shoah est un mot hébreu qui signifie anéantissement. En histoire, c’est le mot utilisé pour désigner la persécution et l’exécution des juifs pendant le régime nazi. On utilise également le terme holocauste pour désigner le génocide nazi.
Dès qu’Hitler a pris le pouvoir, les juifs ont été persécutés par des lois discriminatoires. Le régime nazi imposait une répression directe sur le peuple juif et l’incitait à émigrer à l’extérieur de l’Allemagne. Cette politique d’émigration a forcé 150 000 juifs à quitter l’Allemagne. Avant le début de la guerre, plusieurs idéologies racistes et antisémites étaient populaires. Dans plusieurs pays, la discrimination antisémite sévissait. Plusieurs théories à saveur scientifique servaient d’appui à ces idéologies racistes. La présence d’idées racistes dans les autres pays explique un peu pourquoi peu de dirigeants ont réagi face aux mesures discriminatoires mises en place par le parti nazi.

Lois et déportation des juifs hors de l’Allemagne :

  • Le 7 avril 1933, tous les juifs furent exclus de la fonction publique.
  • Le 10 mai 1933, le parti nazi a réussi à imposer sa pensée raciste antisémite et antibolchévique.
  • Le 15 septembre, les lois de Nuremberg furent appliquées.
  • En septembre 1937, l’aryanisation débutait. L’aryanisation impliquait de revendre les biens des juifs à bas prix, afin que tous les biens et les propriétés appartiennent à la race pure. Les juifs furent forcés de vendre leurs biens. Dès lors, ils vécurent une vie de misère.
  • Le 1er janvier 1939, une nouvelle loi fit en sorte que tous les nouveaux nés juifs avaient un nom imposé : Israël pour les garçons et Sarah pour les filles.
  • En 1938, lors de l’annexion de l’Autriche, les nazis ont commencé à déporter les 200 000 juifs qui s’y trouvaient.
  • Le 24 janvier 1939, Hitler avait donné l’ordre à tous les juifs d’émigrer hors de l’Allemagne.
  • Le 20 juillet 1939 marque la première tentative des pays occidentaux : la Grande-Bretagne a ordonné l’arrêt immédiat de la déportation massive des juifs en Palestine.

La solution finale

Avec les débuts de la politique expansionniste, les nazis souhaitaient étendre l’espace vital réservé au peuple allemand. C’est pour cette raison que l’armée allemande avait envahi l’URSS.  La présence des juifs déplaisait aux autorités nazies. Les Allemands auraient même songé à déporter les juifs français sur l’île de Madagascar.

Les nazis avaient d’abord créé des ghettos dans lesquels ils entassaient tous les juifs de la région. Ces ghettos n’étaient pas alimentés en eau potable et les gens s’y entassaient dans des conditions dégradantes : humiliation par les SS, répression, couvre-feu, manque d’hygiène, etc. Les juifs étaient confinés aux ghettos avant leur déportation vers les camps.


Construction du mur du ghetto de Varsovie

La décision fut de cesser l’émigration forcée des juifs lorsqu’il n’y eut plus de place où les envoyer. C’est à ce moment que la politique d’extermination a commencé. Les nazis constataient l’échec de l’entreprise d’émigration et auraient songé à l’extermination pour faciliter la quête de l’espace vital allemand. Des premiers groupes d’intervention furent formés afin d’éliminer tous les juifs dans l’espace réservé aux Allemands en URSS. Ces groupes furent responsables de la mort de 750 000 juifs.
 
Les moyens employés par les chefs militaires témoignaient de leur haine face aux juifs : forcés de creuser un fossé, les prisonniers étaient fusillés avant d’être entassés dans le fossé qu’ils avaient eux-mêmes creusé. Ce moyen brutal fut jugé trop éprouvant pour les militaires qui devaient tirer sur leurs victimes. Les chefs commencèrent alors à mettre au point des méthodes plus «efficaces». Les nazis, avec la collaboration de certains scientifiques, ont mis au point des chambres à gaz.
 
La décision par rapport à l’extermination fut prise lors de la Conférence de Wannsee le 20 janvier 1942. C’est au cours de cette rencontre que la solution finale fut mise en branle. Les chefs présents ont mis au point une extermination camouflée. Tous les juifs en état de travailler seraient envoyés dans les camps de travail, où les conditions de vie et de travail ne laisseraient aucune chance aux prisonniers. Les autorités des camps devaient s’occuper de ceux qui ne pouvaient pas travailler, en les menant aux chambres à gaz. Ces camps de travail servaient en fait à camoufler l’entreprise d’extermination. D’ailleurs, jamais les textes et les ordres émis entre les dirigeants ne nommaient directement les faits.

Dès 1942, plusieurs camps d’extermination furent construits. Les hommes et les femmes inaptes au travail, ainsi que les enfants, furent directement envoyés dans les chambres à gaz. La solution finale visait l’extermination systématique de tous les juifs d’Europe.

Les camps de concentration et d’extermination

Les camps avant la guerre

Dès janvier 1933, le parti nazi ouvrait les petits camps de prisonniers, d’une capacité maximale de 1000 détenus. Ils y internaient les opposants au nazisme, dont les communistes. En octobre 1933, ces camps retenaient 27 000 détenus. Les conditions de détention étaient tenues secrètes pour susciter la terreur dans la population et chez les opposants. Les nazis y enfermaient les communistes et les socialistes.
 
Le 28 février 1933, le Décret pour la protection du peuple et de l’État conférait le droit à la Gestapo de procéder à des arrestations et des détentions de sécurité. La Gestapo a arrêté les Témoins de Jéhovah, qui refusaient de faire leur service militaire obligatoire. En 1934, elle suggérait d’étatiser ces camps pour en faciliter la gestion et y mettre plus d’ordre. Le modèle choisi était celui de Dachau, camp de travail ouvert depuis 1933.
 
Le parti nazi se mit alors à ouvrir de nouveaux camps vers lesquels les prisonniers furent transférés. Dans ces nouveaux camps, le contrôle était assuré par des troupes spéciales de SS. Leur consigne était alors de combattre et d’anéantir leurs ennemis. Il y avait alors 3 camps dont un était réservé aux femmes. Aux détenus vinrent s’ajouter les prisonniers de droit commun, les sans-abris, les homosexuels, les Tziganes et les juifs.

Les camps de travail pendant la guerre

Après 1939, la population dans les camps s’est mise à augmenter à cause des nombreux déportés envoyés des pays conquis. Les étrangers formaient alors 90 % de la population des camps. L’augmentation constante du nombre de prisonniers a forcé les nazis à ouvrir de nombreux nouveaux camps et à ajouter des annexes aux camps existants. Tous les détenus recevaient des tâches à effectuer à leur arrivée au camp.

Les camps : une entreprise de déshumanisation

Aussitôt arrivés au camp, les prisonniers perdaient leur identité : on leur enlevait leurs effets personnels, les désinfectait, les rasait, leur donnait un uniforme et on leur attribuait un numéro qui remplaçait leur nom. Sur l’uniforme, un triangle de couleur était cousu. Selon la couleur du triangle, les SS pouvaient distinguer les catégories de prisonniers (droit commun, juif, tzigane, homosexuel, etc.).
 

Des prisonniers d'un camp
 
Les détenus étaient dirigés vers des baraques surpeuplées, sans eau courante. Ils étaient réveillés à trois heures du matin pour assister à l’appel, qui pouvait durer plusieurs heures. Sous-alimentés, ils devaient tout de même effectuer des tâches pénibles sur le camp, dans des entreprises ou des usines. Les SS déléguaient la surveillance des blocs aux kapos. Ces derniers, prisonniers allemands de droit commun, avaient un statut supérieur aux autres détenus. Ils profitaient de certains privilèges et abusaient souvent de leur pouvoir. Le taux de mortalité dans les camps de travail variait entre 25 et 55 %.

Les camps d’extermination

Jusqu’en 1942, les juifs étaient enfermés dans les mêmes camps de concentration que les autres prisonniers. La situation a changé après l’application de la solution finale. Les premiers camps à appliquer la solution finale étaient en URSS. En plus de tuer massivement les juifs, les SS exécutaient tous ceux pour qui, selon l’idéologie nazie, étaient indignes de la vie, ceux qui souffraient d’infirmité ou de maladies intellectuelles.
 
C’est également en URSS que furent ouverts les premiers centres d’euthanasie pour les prisonniers inaptes au travail. Après la Conférence de Wannsee, les dirigeants avaient organisé le transport et la mise à mort massive des juifs. Ils ouvrirent donc trois centres de mise à mort où les juifs étaient gazés dès leur arrivée : Belzec, Sobibor et Treblinka. Ces trois camps de la mort furent détruits pendant la guerre. Belzec fut détruit par les prisonniers eux-mêmes sur les ordres des SS. Sobibor fut détruit lors d’une insurrection des prisonniers. À Treblinka, une évasion massive a occasionné la fermeture du camp.

Les conditions de vie y étaient épouvantables : longues journées de travail éprouvant, sous-alimentation, pas d’eau courante, un seul vêtement, une paire de chaussures usées (qui n’est pas de la bonne taille), hiérarchie complexe, ordres illogiques auxquels il fallait obéir, violence, haine, menace de la chambre à gaz qui planait constamment, exécutions aléatoires, maladies contagieuses, insalubrité, entassement, etc.

Auschwitz

Dès la fin de 1941, le camp d’Auschwitz était le lieu de rassemblement de tous les juifs d’Allemagne. Ce camp de la mort était le plus grand et comportait en fait trois sections distinctes.


Le camp d'Auschwitz
 
Les rails menaient directement au camp et les prisonniers étaient triés sur le quai en fonction de leur capacité à travailler. Tous ceux qui étaient inaptes au travail étaient menés à la chambre à gaz après avoir été dépouillés de tous leurs biens. C’est 1,3 million de personnes qui furent gazées à Auschwitz, sans compter toutes celles qui ont succombé à l’épuisement, à leurs blessures, aux maladies ou aux expériences médicales menées par les médecins allemands. En novembre 1944, alors que leurs armées étaient mal en point, les Allemands donnèrent l’ordre de cesser tout gazage dans les camps de la mort et d’en effacer toutes les traces.

Réactions des Alliés

Dès 1942, les pays alliés ont reçu des informations concernant les massacres des juifs et les chambres à gaz. En avril 1944, des évadés d’Auschwitz racontaient ce qu’ils y avaient vu et vécu. La décision alors prise par les autorités fut d’attendre après la victoire pour agir. Le but souhaité était de se concentrer sur les objectifs militaires avant de tenter quoi que ce soit d’autre.
 
Ce n’est qu’à la fin de la guerre, lorsque les troupes alliées ont libéré les camps et que les survivants ont témoigné leurs expériences que le monde a réellement compris ce qu'il s’était passé dans les camps. Les autorités avaient su qu’il y avait des massacres, mais n’avaient pas compris que ces massacres avaient cette ampleur. Les actes commis par les nazis pendant la guerre ont suscité la création d’un nouveau crime : le crime contre l’humanité, qui fut l’un des chefs d’accusation lors du procès de Nuremberg.

Le débarquement de Normandie et la fin de la guerre

Souhaitant mettre un terme définitif à l’invasion allemande, le premier ministre britannique était convaincu que l’attaque devait se faire en sol français. Le gouvernement britannique était prêt à organiser une action militaire qui permettrait d’entrer en sol français. Pour y parvenir, il fallait s’assurer que les Allemands ne tenteraient plus d’envahir l’Angleterre, former une nouvelle armée et profiter des prêts américains.

Afin de tester les défenses allemandes sur l’Atlantique, un raid fut organisé sur Dieppe le 19 août 1942. Ce test prouva la force du Mur de l’Atlantique au prix de 1 500 soldats dont une partie provenait du Canada.
 

Le débarquement de Dieppe

Le Mur de l’Atlantique

Les Allemands étaient conscients du risque d’invasion du territoire français par l’Atlantique. C’est pour cette raison qu’ils ont construit un mur empêchant tout débarquement maritime ou aérien : fortification, champs de mines, barbelés, canons, etc. Le mur était constamment surveillé par des soldats armés de mitrailleurs, de lance-flammes et de fusées. Les points les plus fragiles étaient plus fortement surveillés et protégés, comme le Pas-de-Calais, qui se situe près des côtes britanniques.


Le Mur de l'Atlantique
 
En janvier 1944, les Allemands craignaient un débarquement au nord de la France. Ils ont alors entrepris d’augmenter les dispositifs de protection : inondation des prairies, nouveaux pieux minés, artillerie côtière, radar et stations d’écoute.

Préparation du débarquement

Lors de la Conférence de Téhéran, entre le 28 novembre et le 1er décembre 1943, les dirigeants britannique (Churchill), américain (Roosevelt) et russe (Staline) se sont réunis pour prendre des décisions militaires communes.


Staline, Roosevelt et Churchill lors de la Conférence de Téhéran

C’est lors de cette réunion qu’ils ont choisi la Normandie pour y effectuer le débarquement. Plusieurs justifiaient ce choix : le lieu était moins fortement protégé que d’autres, le courant n’y était pas trop puissant, les terres n’étaient pas inondées trop près de la plage et les plages de Normandie étaient sablonneuses ou couvertes de galets, ce qui facilitait les débarquements maritimes. Une organisation des pays alliés devait ensuite préciser l’emplacement exact du débarquement, dénicher le plus de renseignements possible sur les opérations militaires amphibies et planifier le transport des troupes.
 
Le lieu d’entraînement et de rassemblement fut en Grande-Bretagne, sur des plages aux conditions similaires à celles des plages sélectionnées. Plusieurs opérations aériennes ont eu lieu pour prendre des informations sur les défenses allemandes ou encore pour bombarder ces défenses. Réunir autant de troupes et de matériel ne pouvait passer inaperçu des Allemands. Les Alliés ont eu recours à la ruse pour que leur opération fonctionne. Ils ont créé une armée factice (avec des structures gonflables) près du Pas-de-Calais. De cette manière, les nazis étaient convaincus que le débarquement aurait lieu à cet endroit.
 
Les résistants français étaient informés grâce au support de la BBC qui leur communiquait des messages codés, utilisant un poème de Verlaine. La lecture en onde des trois premiers vers servait à annoncer la tenue du débarquement dans la prochaine semaine. La lecture des trois suivants annonçait que le débarquement aurait lieu dans les 48 prochaines heures. Ce signal annonçait ainsi aux résistants le moment où ils devaient entrer en action pour commettre des actes de sabotage sur les chemins de fer et le téléphone. Couper les voies de transport et les communications empêcherait les renforts allemands d’arriver à temps sur le lieu de bataille.

Le débarquement

Le départ, d’abord fixé au 4 juin, fut retardé de 24 heures en raison d’une tempête dans la Manche. La première opération fut un assaut aérien : 1 800 parachutistes sautèrent vers les terres de la Normandie dans la nuit du 6 juin 1944. De ces parachutistes, la moitié fut tuée. Les survivants étaient responsables de prendre le contrôle des routes et de ralentir la contre-attaque. Malgré le faible taux de survie, l’opération a réussi : les communications étaient coupées. Le second assaut fut maritime : 5 000 navires de guerre et de transport traversèrent la Manche, transportant les troupes et le matériel. De ces navires, un seul fut coulé avant le débarquement.


Soldats dans un navire de transport
 
L’assaut eut lieu à l’aube, sur 5 plages, après un bombardement nocturne.  À 8h00 le matin, toutes les troupes étaient débarqués. Toutes les plages furent conquises, sauf une, Omaha Beach où 2 500 soldats furent tués, faits prisonniers ou ont disparu. Cette plage fut sécurisée en début d’après-midi. Incluant les victimes d’Omaha Beach, le débarquement de Normandie a causé 3 000 pertes chez les troupes alliées. En cinq jours, l'opération «Overlord» avait fait débarqué 620 000 hommes sur les plages.


Les troupes alliées sur les plages de Normandie
 
Après le débarquement maritime, les troupes alliées devaient prendre position et défendre leurs acquisitions. L’aide des Français eut lieu dès l’arrivée des Alliés. Ils les aidaient pour le ravitaillement et le sabotage. Les forces alliées ont profité du choc des Allemands. Les forces allemandes, convaincues d’un prochain débarquement au Pas-de-Calais, y ont laissé 150 000 hommes, ce qui a facilité le travail des Alliés. Exigeant tout de même des renforts, les Allemands ont délaissé le front est, ce qui a permis aux armées russes de poursuivre leur progression. Ils avaient toutefois besoin d’un port en eau profonde pour faire entrer les renforts et le matériel en sol français. Les troupes ont dû combattre pour le port de Cherbourg, après quoi, la libération de la France était amorcée.

La Libération

Paris fut libérée en août 1944. La progression des forces alliées se faisait rapidement vers l’est. En mars 1945, les troupes américaines atteignaient l’Allemagne. En avril, ils libéraient l’Autriche et Nuremberg. Les forces alliées et russes se sont alliées, favorisant la chute de Berlin.


Les Alliés à Paris en 1944

Le 30 avril 1945, voyant venir sa défaite, Hitler s’est suicidé dans son bunker de Berlin. Le 2 mai 1945, les troupes allemandes se rendaient en Italie, aux Pays-Bas et au nord de l’Allemagne. Le 4 mai, le Danemark était libéré. Le gouvernement provisoire allemand capitulait sans condition le 7 et le 8 mai 1945, ce qui mettait fin à la guerre en Europe.

La fin de la guerre dans le Pacifique

Pendant ce temps, les troupes américaines se battaient toujours pour mettre fin à l’expansion japonaise. Les Américains, les Néo-Zélandais et les Australiens repoussaient les Japonais, un archipel à la fois. La guerre était uniquement appuyée sur la force du matériel et de l’armement. Les troupes alliées ne prenaient que les points stratégiques des archipels.


Un kamikaze japonais fonce sur un navire américain (cliquer pour agrandir)
Source

Constamment bombardé, le Japon accumulait les défaites et les morts, mais refusait de se rendre et souhaitait reconquérir les territoires perdus. Le nouveau président américain, Truman, a décidé d’utiliser une nouvelle arme pour convaincre les Japonais de se rendre. C’est ainsi que la première bombe atomique fut lâchée sur une ville le 6 août 1945, sur Hiroshima.


Harry S. Truman

Outre pour forcer les Japonais à mettre fin à la guerre, les dirigeants américains ont décidé de lâcher les bombes atomiques pour montrer la puissance de ces armes et pour envoyer un message à tous les autres pays : les États-Unis possédaient la bombe atomique et s’en étaient servis. Voyant que le Japon ne voulait toujours pas capituler, les Américains jetèrent une seconde bombe sur Nagasaki. Les deux bombes firent 150 000 morts lors de leur explosion.


L’explosion atomique de Nagasaki
Source

 
Nagasaki : avant et après la bombe (cliquer pour agrandir)

Le 8 août, l’URSS déclarait également la guerre au Japon et envahissait la Mandchourie le 9 août. Le 15 août 1945, l’empereur Hirohito annonçait sa reddition. Le Japon capitulait sans condition le 2 septembre 1945, mettant définitivement fin à la Seconde Guerre mondiale.

Après la Deuxième Guerre mondiale

Les vidéos
Les exercices
Les références