Histoire h1121

Chômage et pauvreté

Chômage

Le chômage désigne la situation dans laquelle une personne, en âge de travailler et apte à travailler, ne trouve pas d’emploi, et ce, malgré ses recherches. Le chômage représente donc, dans l’idéal, une situation temporaire.
Il existe plusieurs causes expliquant l’existence du chômage :

  • nouvelle entrée dans la vie active
  • retour à la vie active après un arrêt
  • licenciement, démission volontaire
  • désir de changer d’emploi

Des causes sociales peuvent également influencer le chômage :

  • progrès technique
  • évolution démographique
  • évolution du marché du travail
  • modifications aux qualifications exigées pour le type d’emploi

Dans une vision plus économique, le chômage constitue une inégalité de l’offre par rapport à la demande du marché du travail. Le chômage varie d’un pays à l’autre en fonction de la réalité économique, de la production et de la perception par rapport aux emplois et au chômage.


L'offre et la demande de travail, avec ses effets sur les salaires et le chômage

Aux États-Unis, le chômage est généralement stable. Le travail en général y est valorisé. Les Américains acceptent tous les types de travail, ils préfèrent travailler plutôt que d’être chômeur.

Dans les pays scandinaves, l’assurance-chômage n’est pas gérée par l’État, mais par des gestionnaires privés. Les cotisations ne sont pas obligatoires. Par contre, un employé qui perd son travail reçoit des indemnités représentant 90 % de son salaire, pendant quatre ans maximum. Par contre, les chômeurs sont obligés d’accepter les emplois qui leur sont proposés, de même que les stages et les programmes de formation.

Dans les pays européens, les politiques sociales sont fortement développées. L’État prend ainsi en charge le traitement de l’assurance-chômage. Les individus ne sont pas tenus d’accepter les emplois proposés. Dans certains pays, comme en France, les chômeurs préfèrent souvent rester chômeurs plutôt que d’accepter un emploi qu’ils jugent dévalorisant.

Le taux de chômage

On compte le chômage d’une population par le taux de chômage. On calcule alors celui-ci en effectuant le calcul suivant :
  |Taux\,de\,chômage = \frac{nombre\,de\,chômeurs}{population\,active\,totale}|
Dans ce calcul, la population active constitue tous les gens en âge de travailler et capables de travailler, cela inclut donc tous les individus qui travaillent ou qui cherchent un emploi.

Généralement, le taux de plein emploi est atteint entre 3.5 % ou 4 %.
 
Le calcul du taux de chômage est plus approprié dans les pays développés et industrialisés. Dans les pays en voie de développement, le taux de chômage élevé ne tient pas compte des familles indépendantes, qui produisent ce dont elles ont besoin pour vivre. L’instabilité économique des pays africains accentue le problème du chômage, déjà élevé à cause de la hausse de la population active et du fort taux de natalité.

Types de chômage

Les économistes distinguent plusieurs types de chômage, en fonction de la cause.

  • Le chômage naturel (ou frictionnel) est dû au temps de recherche entre deux emplois ou lors du commencement de la recherche d’emploi. C’est à cause du chômage naturel que le taux de plein emploi ne peut être de 100 %.

  • Le chômage conjoncturel est dû à un ralentissement économique qui cause une baisse temporaire du nombre d’emplois disponibles voire une augmentation des licenciements.

  • Le chômage structurel est causé par des changements dans la structure économique du pays : nouvelles productions qui en remplacent d’autres, améliorations techniques, etc.

  • Le chômage partiel survient lorsqu’une entreprise diminue ses activités normales et réduit les heures de travail.

  • Le chômage saisonnier concerne les travailleurs dont les activités varient en fonction des périodes de l’année. C’est le cas pour les pêcheurs qui ne peuvent travailler pendant certains mois de l’année.

Différents points de vue sur le chômage

Pour remédier au chômage, deux points de vue sont possibles.

  • Les tenants du libéralisme proposent de miser sur la création d’emplois. En favorisant la rentabilité des entreprises, ces dernières augmenteraient leur production, donc leurs emplois disponibles.

  • Dans une vision keynésienne du chômage, il faut plutôt miser sur une relance économique pour faire augmenter la demande. Cette hausse ferait également grimper la production, donc le nombre d’emplois disponibles.

Aujourd’hui, avec le commerce international, les dirigeants doivent créer des politiques de relance économique liées au système économique mondial. La difficulté repose alors sur la nécessaire communication entre les différents pays, d’où l’importance des accords internationaux.

L’assurance-chômage

Au Canada, le terme assurance-chômage a été changé par assurance-emploi en 1996.
Pour remédier aux conditions de vie difficiles des chômeurs, les gouvernements ont dû mettre en place des régimes d’assurance-chômage. Ces régimes fonctionnent généralement avec des contributions régulières des employeurs et des employés. Si un travailleur perd son emploi, il a droit à des indemnités lui permettant de maintenir un niveau de vie décent pendant sa recherche de travail. Le montant des allocations varie en fonction du nombre d’heures travaillées, de la valeur des cotisations et du salaire gagné avant la perte d’emploi.

Histoire

Officiellement, le chômage n’a été comptabilisé qu’à partir de l’industrialisation. Avant cela, le phénomène existait, mais n’était ni étudié, ni présent dans les considérations de l’État.

Au début du 20e siècle, dans la deuxième phase d’industrialisation, le chômage était très faible. Toutefois, il a connu une hausse dans les années 1920, malgré la forte croissance économique.
 
Le taux de chômage a atteint des niveaux qui n’avaient jamais été vus pendant la Grande Dépression, atteignant 25 % de la population active aux États-Unis. En Allemagne, ce taux était de 33 %.

Pendant les années 1930 et après la Deuxième Guerre mondiale, le taux de chômage était très bas : 2 % en Europe, 3-4 % en Amérique du Nord et 1 % au Japon.

L’une des dernières hausses significatives du chômage a eu lieu lors de la crise pétrolière de 1973.
 
Aujourd’hui, la mondialisation a causé la délocalisation de la production dans les pays en développement. Cette délocalisation diminue le nombre d’emplois liés à la sphère de production et peut donc collaborer au chômage des pays industrialisés.

La lutte contre le chômage au Canada

Les gouvernements visent le plein emploi. C’est pour cette raison qu’ils mettent en place des politiques économiques visant la création d’emplois. Plusieurs actions ont également été mises en branle pour aider les chômeurs. Il faut rappeler que les travailleurs n’ont pas toujours pu bénéficier des programmes d’assurance-chômage. Avant la création de tels programmes, les gens qui perdaient leur emploi n’avaient plus de salaire jusqu’à ce qu’ils se trouvent un nouvel emploi.
 
C’est pour cette raison que la Grande Dépression a été aussi forte et dommageable, car les indemnisations n’existaient pas encore. Tous dépendaient de la charité publique.

Au Canada, les premières actions pour aider les chômeurs datent de 1940. C’est à ce moment que Mackenzie King, premier ministre du Canada, a créé le premier régime d’assurance-chômage. Les premières contributions furent prises dès le 1er juillet 1941. Pour être admissible, il fallait avoir travaillé 180 jours dans les deux dernières années.


Mackenzie King
Source

Au cours des premières années du régime, 42 % de la population active contribuait aux cotisations. En 1971, cette proportion avait grimpé à 93 %. Entre temps, le régime d’assurance-chômage avait mis sur pied des prestations d’indemnisation pour les congés de maternité et de maladie.
 
En 1996, le programme devenait le régime d’assurance-emploi. Il établissait également de nouvelles règles concernant l’admissibilité au régime et les allocations. De plus, la formation occupe une place plus importante depuis la réforme du programme. Aujourd’hui, les chômeurs peuvent recevoir des prestations d’assurance-emploi pendant 45 semaines, au maximum.

Pauvreté

On parle de la pauvreté pour désigner les cas où des personnes n’ont pas accès aux ressources matérielles suffisantes pour subvenir à leurs besoins vitaux. La survie est pénible et difficile.
La pauvreté est un cercle vicieux duquel il est difficile de sortir. En effet, le milieu social influence la vie des individus. Dans les quartiers défavorisés, il peut être plus difficile de trouver les ressources nécessaires en éducation, emploi et santé. Les gens peuvent également se laisser tenter par le travail au noir, les jeux de loterie, le crime et la prostitution.

Pauvreté absolue et pauvreté relative

La pauvreté absolue désigne les personnes qui n’ont pas la quantité minimale de biens et services pour assurer une vie normale. On utilise le terme de pauvreté absolue pour évaluer la situation dans les pays en développement.

On peut également tenir compte de la pauvreté relative. Dans ce cas, on compare plutôt les conditions de vie de la population par rapport au niveau de vie moyen du pays. La proportion de la population sous un certain niveau constitue alors le taux de pauvreté relative.

En France, le taux de pauvreté relative est établi à 50 %, c’est-à-dire que les gens ayant un revenu de moins de 50 % du revenu médian sont considérés comme pauvres.


Un mendiant dans les rues de Paris au 19e siècle (cliquer pour agrandir)

Le taux de pauvreté relative sert à comptabiliser les inégalités sociales et économiques des pays développés.

Indicateur de pauvreté

L’indicateur de pauvreté humaine (IPH) est un taux créé par l’ONU pour caractériser le niveau de pauvreté d’un pays. L’IPH est exprimé en pourcentage et désigne le nombre de personnes dans la population qui vivent sous le niveau de pauvreté. En 2002, ce niveau était fixé à 2 $ américains par jour. Le seuil de pauvreté peut varier d’un pays à l’autre, en fonction du salaire moyen, du coût de la vie, etc.

Lutte contre la pauvreté

Avec l’apparition du christianisme en Europe, la solidarité et le soutien social étaient des devoirs chrétiens. La charité face aux pauvres et aux mendiants a commencé à se propager. Par contre, la vision de la pauvreté influençait grandement l’aide apportée. La pauvreté, causée par l’oisiveté et la paresse des individus, ne pouvait être complètement enrayée. La lutte à la pauvreté passait par la lutte à l’oisiveté : il s’agissait de remettre les gens au travail.
 
Plus tard, aux 16e et 17e siècles, les premières réactions à la misère ont favorisé l’ouverture des premiers centres et des premières institutions d’accueil pour les pauvres et les mendiants. Ces centres n’étaient pas axés sur la compassion ou la sympathie, mais sur la répression des vagabonds. Ces centres servaient plutôt à enfermer les gens dans un édifice où l’hygiène n’était pas très importante.
 
Au 18e siècle, ces centres furent fortement contestés par les philosophes des lumières. Dès lors, la pauvreté fut considérée comme l’expression d’un dysfonctionnement social. Avec la philosophie des lumières, on abordait la pauvreté sans intégrer les notions chrétiennes, on questionnait les causes sociales à la pauvreté. Les centres où l’on enfermait les pauvres furent fermés. À partir de ce moment, les philosophes réfléchissaient au concept de redistribution des richesses et d’allocations pour les pauvres. Les veuves et les orphelins furent les premières personnes à profiter de ces allocations.


Soupe populaire pendant la Grande Dépression

Aujourd’hui, les formes d’aide sont variées : institutions caritatives, assurances sociales de l’État, aide financière, aide pour des biens (logements subventionnés, bons pour la nourriture), aide pour trouver et fournir du travail, etc. Peu à peu, les veuves et les orphelins ne furent plus les seuls à profiter des œuvres de bienfaisance. Les vieillards, les invalides, les adultes au chômage, les marginaux ont graduellement eu droit aux indemnisations.
 
Dans certains cas, les mesures prises peuvent aussi être de nature répressive : lois contre la mendicité, encourager l’émigration des classes pauvres, voire l’exil forcé ou l’extermination ou la régulation des naissances. Il va sans dire que ces mesures n’améliorent pas vraiment la pauvreté.

Intervention étatique

Dans plusieurs pays, l’État intervient pour favoriser le bien-être de ses citoyens. Pour les enfants, les gouvernements ont instauré la gratuité scolaire pour l’éducation primaire et secondaire, des allocations familiales, des institutions pour accueillir les enfants orphelins et abandonnés, des institutions pour assurer la protection des enfants.
 
Pour les adultes, les dirigeants fixent le salaire minimum, mettent sur pied des organisations pour aider la circulation des denrées, aident les institutions caritatives et sociales, organisent des grands travaux pour créer du travail, aident financièrement grâce aux programmes d’assurance-chômage, d’assurance sociale, des caisses de retraite, etc.
 
L’ONU a également mis sur pied un plan de réduction de la pauvreté. Plusieurs institutions mondiales y participent : la Banque mondiale qui finance des projets luttant contre la pauvreté, l’UNICEF qui défend le bien-être des enfants, OXFAM, etc.

Histoire de la lutte contre la pauvreté au Canada

Avant l’industrialisation du Canada, les gens travaillaient sur les terres jusqu’à ce qu’ils ne le puissent plus. Le concept de retraite n’existait pas encore. Leur famille, généralement leurs enfants, les prenait alors en charge. Les aînés n’ayant pas le soutien de leur famille ne pouvaient profiter d’aucun soutien financier, autre que les œuvres de bienfaisance. Dans ces organismes, l’aide était difficile à obtenir et il fallait généralement travailler pour mériter l’aide.
 
Au début du 20e siècle, l’industrialisation a provoqué une forte migration vers les villes. Les aînés ne pouvaient plus profiter du soutien de leur famille, qui avait quitté les campagnes pour les villes. Les démunis furent plus nombreux. Ils survivaient grâce aux asiles de pauvreté qui étaient mis en place.
 
Il n’existait pas de pension gouvernementale avant 1908, date à laquelle le gouvernement a créé un régime de rentes. L’État encourageait les citoyens à épargner pour leur retraite. Ils pouvaient acheter des rentes qui leur assuraient des prestations annuelles à partir d’un certain âge. Le programme de rentes n’a pas réellement amélioré la situation puisque bien peu d’individus avaient les moyens de payer les rentes pendant leurs années de travail.
 
À la fin de la Première Guerre mondiale, les aînés étaient presque tous dans une situation de pauvreté extrême, d’autant plus que les usines engageaient principalement les plus jeunes, laissant les plus âgés (mais toujours aptes au travail) sans emploi. De plus, si les travailleurs soutenaient leurs parents, ils n’avaient plus assez d’argent pour économiser pour leur propre retraite. C’est donc après le premier conflit mondial que le gouvernement a instauré une pension pour les survivants et les invalides. Cette dernière aidait les anciens combattants et leur famille.
 
L’aide gouvernementale pour tous les retraités n’existait pas encore. En 1924, le gouvernement a mis sur pied un comité spécial pour étudier la question des pensions. Ce comité a fait naître la Loi des pensions de vieillesse en 1927. Créée par Mackenzie King, cette loi aidait les aînés, mais plusieurs critères d’admissibilité limitaient son accès. Les aînés devaient subir un examen de leurs ressources qui jugeait s’ils en avaient réellement besoin. Les Amérindiens n’y avaient pas droit.


Mackenzie King et sa loi sur les pensions de vieillesse (cliquer pour agrandir)

Le premier régime universel de pension est entré en vigueur en 1952, avec la Sécurité de vieillesse. Sans examen de ressources, tous les aînés, même les Amérindiens, avaient droit de profiter de ces pensions. Toutefois, le niveau de vie permis par ces pensions était très bas.

En 1966, le programme de rentes fut transféré aux gouvernements provinciaux. La Régie des rentes du Québec (RRQ) gère maintenant ce programme en aidant les travailleurs et les familles à la retraite, en offrant des prestations de décès. Le régime fonctionne grâce aux cotisations prélevées sur les paies des employés. Grâce à tous ces programmes, l’autonomie financière était plus grande.

Situation au Québec

En 1986, il y avait 615 000 familles pauvres au Québec, contre 597 000 en Ontario. 70 % de ces familles vivaient dans les grandes villes, et principalement à Montréal. Comme dans les autres provinces, le taux de pauvreté est plus bas chez les gens instruits. Il est plus élevé chez les personnes vivant seules, les familles monoparentales et les personnes âgées.

Les vidéos
Les exercices
Les références