Histoire h1130

Algonquiens (notions avancées)

Les notions abordées dans cette fiche dépassent celles qui sont vues au secondaire. Il s'agit ici d'un complément pour ceux qui sont curieux d'en savoir plus.

Territoire

Les Algonquiens forment un grand groupe de nations amérindiennes. Environ 40 nations différentes partagent un mode de vie et une langue semblables dont les principales sont les Algonquins, les Abénaquis, les Atikamekws, les Cris, les Innus, les Malécites, les Micmacs et les Naskapis. Toutes ces nations sont réparties dans les forêts des Appalaches et du Bouclier canadien, tant sur le territoire du Québec qu’en Ontario ou dans le nord-est des États-Unis.


Les nations algonquiennes vers 1500 (cliquer pour agrandir)
Source

À l'arrivée des Européens, la Nation algonquine est établie dans le sud-ouest du Québec en Ontario, près de la rivière des Outaouais. De 1550 à 1650, les Algonquins vivaient sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent. Des guerres avec les Iroquois ont affaibli les Algonquins, qui ont par la suite migré vers l’Outaouais.

Encore aujourd’hui, les Algonquins du Québec sont, pour la plupart, installés dans les régions de l’Outaouais, de l’Abitibi et du Témiscamingue. Plus de 7700 Algonquins vivent au Canada dont plus de 4500 sont établis dans ces régions et répartis dans 9 communautés dont la plus importante est Kitigan-Zibi-Anishinabeg. Le gouvernement canadien a créé des réserves où les Algonquins se sont installés. Les Algonquins revendiquent encore aujourd'hui certains territoires au gouvernement canadien.

Une réserve amérindienne est un territoire réservé à un groupe amérindien.

Atouts et contraintes du territoire occupé par la société algonquienne

Le territoire occupé par les Algonquiens est immense. Il s’étend sur presque tout le territoire du Québec, sauf autour des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent parce que les Iroquoiens habitent à cet endroit. Chaque nation algonquienne habite une portion de ce territoire qui lui est réservé. L’avantage du territoire occupé par les Algonquiens est la présence de plusieurs lacs et rivières. Aussi, les forêts fournissent plusieurs aliments et matériaux.

Cependant, les sols ne sont pas très fertiles. En effet, le sous-sol de la grande partie du territoire (composé principalement de deux régions appelées le Bouclier canadien et les Appalaches) occupé par les Algonquiens est rocheux. Comme le sol n'est pas favorable à l'agriculture, les Algonquiens en font peu. Ils ont donc un mode de vie nomade, c'est-à-dire qu’ils doivent se déplacer pour trouver de la nourriture.


Légende
Bleu    : Bouclier canadien
Rouge : Basses-terres du Saint-Laurent et des Grands Lacs
Vert     : Appalaches
(ne pas tenir compte des chiffres)
 
Comme le territoire est très grand, la température change en fonction de l'emplacement géographique du lieu. Par exemple, il fait plus froid au nord de la province ou au sommet des montagnes.


Les zones de végétation du Québec (cliquer pour agrandir)

 
Type de forêt Végétation Climat Précipitations Sol
Toundra
(zone grise)
Arbustes, mousse, lichenHiver : long, très froid
Été : très court, frais
FaiblesPergélisol (gelé en permanence)
Forêt boréale
(zone bleue)
Surtout des conifèresHiver : très froid
Été : court, frais
ModéréesPeu ou pas fertile
Forêt mixte
(zone verte)
Feuillus et conifèresHiver : froid
Été : chaud et humide
ModéréesFertile à certains endroits
Forêt de feuillus
(zones jaune et brune)
FeuillusHiver : froid
Été : chaud et humide
AbondantesFertile

Environnement

Les Algonquins profitent des ressources abondantes de la forêt laurentienne : animaux, poissons, arbres, plantes, etc. Ces ressources sont utiles pour leur alimentation, leur habitat et leur habillement. Dès l’arrivée des colons, les Algonquins ont pu participer à la traite des fourrures. Leur territoire est également parsemé de lacs et de rivières, ce qui facilite le transport. Comme les Algonquins sont nomades, ils ont besoin de voyager facilement sur leur territoire.

Culture

Les Algonquins sont des chasseurs-cueilleurs qui se déplacent au gré des saisons, ils sont donc nomades et leur mode de vie est principalement influencé par les possibilités alimentaires qu'offrent la chasse et la pêche : caribous, orignaux, wapitis, chevreuils, ours, castors, lièvres, perdrix, porcs-épics, anguilles, truites, saumons, etc. Pour chasser, les Algonquins ont mis au point plusieurs outils : arcs et flèches, massues, lances, haches, filets, colliers et pièges.


Image d'une chasse au cerf organisée par un groupe d'Algonquins
Source

L’été, les Algonquins profitent de la belle saison pour se regrouper. Ils en profitent alors pour faire des échanges, organiser des mariages et faire des provisions. La chasse, le piégeage et la pêche occupent les hommes alors que plusieurs tâches occupent les femmes : séchage et fumage de la viande pour la conserver, fabrication des filets de pêche, cueillette des fruits, des noix et des plantes médicinales. Lorsqu’ils ne font pas sécher ou fumer la viande, les Algonquins la cuisent en la faisant rôtir ou encore en la bouillant.

L’automne venu, les tribus reprennent la route vers leur territoire de chasse. Ils passeront l’hiver en petits groupes (30 individus maximum). C’est une dure saison dans laquelle les familles survivent en chassant et en mangeant les réserves de l’été. Chaque famille possède un territoire de chasse dont elle doit respecter les limites.

Pour se protéger du froid et pour dormir, les Algonquins construisent des wigwams. Ceux-ci sont fabriqués avec des poteaux de bois couverts d’écorce. Une ouverture au centre permet d’évacuer la fumée du feu. Le sol est également couvert de branches de sapin, de paille et de couvertures de fourrure. Dans certains cas, les Algonquins utilisent des habitations permanentes sur leur territoire de chasse.


Un wigwam pouvait accueillir une famille, qui n'y entrait que pour dormir ou lorsqu'il faisait très froid.

Les vêtements sont aussi conçus à partir des ressources disponibles : peaux et fourrures. Les femmes algonquines en font des tuniques, des pagnes (en peau d’orignal ou de chevreuil), des capes (en fourrure d’ours), des jambières, des mocassins, des mitaines.


Habillement d'un chef algonquin en été

Au printemps, les familles repartent vers le campement estival. Entre-temps, elles en profitent pour recueillir la sève d’érable et de bouleau avec laquelle elles fabriquent du sirop.

Les déplacements sont facilités par les canots d’écorce (écorce de bouleau cousue avec des racines et imperméabilisée avec de la résine et de la graisse chauffée). Les canots permettent non seulement de franchir plus rapidement certaines distances, mais peuvent aussi être utilisés pour transporter des marchandises. S’il y a des rapides à franchir lors des déplacements, les hommes font du portage avec le canot et le matériel.


Canot d'écorce utilisé par des Algonquins
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Pour les déplacements en hiver, les Algonquins portent des raquettes qui facilitent la marche sur la neige. Ils transportent des marchandises grâce aux toboggans qui glissent derrière eux. Les femmes qui doivent s'occuper des jeunes enfants peuvent continuer à effectuer leurs tâches grâce au takinagan, objet dans lequel le bébé était en position debout, avec ses pieds qui reposaient sur une planchette. Fabriqué de bois et enveloppé de cuir, le takinagan permet à la mère de transporter son enfant sur son dos. L’enfant peut déjà observer les tâches qu’il devra accomplir en regardant les adultes travailler.


Le takinagan
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Les enfants jouissent d’une grande liberté et vont apprendre à faire leurs tâches en imitant les adultes et en expérimentant. Dès l’âge de 10 ans, les jeunes garçons apprendront à chasser tandis que les filles apprendront les tâches effectuées par leur mère.

Activités économiques

Avant l’arrivée des Européens, les Algonquins subvenaient à leurs besoins par leurs activités ou avec le troc (échanges de matériel entre différentes tribus et nations).

Dès l’arrivée des Français en Amérique, les Algonquins se sont alliés aux nouveaux arrivants et ont commencé à participer activement au commerce des fourrures. Dès lors, les campements se situaient près des postes de traite. Les Algonquins pouvaient vendre leurs fourrures et le gibier et ensuite acheter différents produits aux commerçants, changeant graduellement leurs habitudes (par exemple, l’écorce de bouleau a peu à peu été remplacée par la toile).

Lorsque l’exploitation forestière a débuté, au 19e siècle, les Algonquins ont perdu leurs territoires de chasse et se sont repliés vers le Nord. Aujourd’hui, certains Algonquins travaillent dans les industries forestières et dans d’autres domaines industriels comme le tourisme, l’artisanat, les entreprises de construction, le transport ou les services gouvernementaux. Généralement, les bandes algonquines sont administrées par des Algonquins.

Effets des activités économiques sur l'organisation de la société et du territoire des Algonquiens

Comme les troupeaux se déplacent selon les saisons, les Algonquiens, qui vivent de la chasse, doivent adopter un mode de vie nomade. Ils doivent donc déplacer leurs habitations. Leurs activités économiques ont également un impact sur leur organisation sociale. Leur organisation sociale est simple et basée sur la famille.

Organisation sociale

Tout comme chez les Inuits, la famille est le noyau le plus important dans la communauté algonquine. Chaque famille a son territoire de chasse et doit demander la permission pour chasser sur un autre territoire. La société algonquine est patriarcale, c’est-à-dire qu’elle est organisée autour du père. C’est le père qui donne le nom à sa famille et à ses enfants. Par contre, homme ou femme, tous les Algonquins ont les mêmes droits et peuvent participer à la prise de décision. Le chef n’est pas élu, il hérite de ce titre par son père. Le chef n’impose pas ses décisions, il est un porte-parole qui laisse tout le monde s’exprimer avant de prendre une décision par consensus.

Chez les Algonquins, on distingue deux types de chef : le chef du territoire et le chef local. Le chef du territoire planifie les déplacements et les limites des territoires de chaque famille. Il fournit également les canots et les chiens de chasse. Il n’a qu’une influence limitée puisque les familles ne se regroupent que durant l’été. De leur côté, les chefs locaux gèrent les relations entre les différentes familles et les autres nations, décident de faire la guerre ou d’être en paix. Les bons chefs doivent faire preuve de bravoure, de force de caractère, de bonnes aptitudes à la chasse et à la guerre en plus d’être bons avec les siens.


Le chef algonquin Pontiac (vers 1760)

Au sein de la famille, chaque membre a ses rôles propres. Les hommes s’occupent de la chasse, de la pêche, de la construction des maisons et du portage des canots. Les femmes sont les gardiennes de la culture et de la tradition orale. Elles partagent différentes connaissances avec leurs filles : savoirs sur les plantes médicinales, les colorants, le tannage des peaux, l'artisanat, etc. Aujourd’hui, les conseils de bande gèrent les services policiers et les services communautaires. Les communautés et les réserves gèrent également les services d’éducation, de santé et sociaux.

Les vidéos

​Charlie Bosum explique les différents équipements utilisés par les Cris pour voyager au cours des longs hivers.

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(Clique sur l'image ci-dessus pour accéder à la vidéo.)

Les exercices
Les références