Histoire h1134

Micmacs et Inuits vers 1980 (notions avancées)

Les notions abordées dans cette fiche dépassent qui sont vues au secondaire. Il s'agit ici d'un complément pour ceux qui sont curieux d'en savoir plus.

Les Micmacs

Caractéristiques du territoire des Micmacs

Au Canada, les Micmacs vivent principalement près de l'océan Atlantique; au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, à l’Île-du-Prince-Édouard, à Terre-Neuve et au Québec.

Les trois communautés micmaques du Québec se trouvent en Gaspésie :

  • Listuguj (rive sud de la Gaspésie)
  • Gesgapegiag (rive sud de la péninsule gaspésienne)
  • Gespeg (Gaspé)

Le territoire où habitent les Micmacs a ses propres caractéristiques :

Région physiographique Appalaches
Végétation
Forêt mixte (dans laquelle on trouve des arbres résineux et des feuillus) 
Forêt boréale (dans laquelle on trouve surtout des arbres résineux comme l’épinette noire, le sapin et le pin gris)

Climat
Continental humide
Les hivers sont longs et froids.
Les étés sont courts et humides.
Il y a beaucoup de précipitations.

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Les activités économiques des Micmacs

Les activités économiques des Micmacs prennent un nouveau virage en 1980. La pêche au saumon est une activité traditionnelle que les Micmacs transforment en moteur économique. Le commerce de la pêche et la conservation de la faune permettent de créer des emplois et rapportent des revenus principalement aux communautés Listuguj et Gesgapegiag. D’autres types de pêche sont aussi pratiqués comme la pêche aux moules, aux crevettes ou aux homards.

À partir de 1980, les Micmacs s’intéressent au tourisme et la communauté Listuguj met sur pied un centre d’interprétation de la culture micmaque. Plus tard, la bande Gespeg reconstruit un village traditionnel micmac pour les touristes. Avec ces activités touristiques, les Micmacs invitent les visiteurs à découvrir leur culture et leur mode de vie. Au début de l'année 1980, ce sont aussi les Micmacs qui organisent les séjours de pêche au saumon. Ces emplois assurent des revenus plus stables à la communauté.


Habitation micmaque au village traditionnel de Gespeg

Dans les années 80, certains Micmacs travaillent dans l’industrie forestière (coupe du bois). Cependant, ils ne sont pas d’accord avec les méthodes des compagnies forestières qui les embauchent. Ces compagnies coupent totalement les forêts sans penser aux conditions favorables pour qu’elles se reboisent naturellement. Les activités forestières sont beaucoup moins importantes dans ce secteur aujourd’hui.

Que ce soit chez les Micmacs ou les Inuits, l’artisanat amérindien est une autre source de revenus. Les sculptures (chez les Inuits) et les paniers tressés ou le foin d’odeur (chez les Micmacs) sont des exemples de produits vendus partout au pays et même à l’étranger.


Morse
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Panier en frêne
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Les Inuits

Caractéristiques du territoire des Inuits

Les Inuits demeurent en grande partie dans la région située au nord du Canada, c'est-à-dire au Québec, dans les territoires du Nord-Ouest, au Nunavut, au Yukon et au Labrador (Terre-Neuve). Au Québec, les Inuits habitent presque tous au Nunavik. C’est le territoire couvrant le nord du Québec.

Le Nunavik correspond au tiers de la superficie de la province et il compte plusieurs grands cours d'eau. La majorité des communautés sont situées près des rives de la baie d’Hudson, du détroit d’Hudson ou de la baie d’Ungava. 14 villages inuits se trouvent dans cette grande région. Le plus grand village est Kuujjuaq, endroit où sont établis plusieurs services, dont un hôpital.



Carte des communautés inuites au Nunavik
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Il ne faut pas confondre le Nunavik, qui est le territoire au nord du Québec, avec le Nunavut, qui est un nouveau territoire du Canada depuis 1999. 

Nord du Nunavik

Région physiographique Bouclier canadien
Climat Arctique
Il fait très froid en tout temps.
L’été, la température moyenne est de 5oC.
Végétation Toundra
On trouve du lichen, de la mousse et des petits fruits comme des bleuets ou des chicoutais.
Faune Phoques, ours blancs, baleines, bélugas

Sud du Nunavik

Région physiographique Bouclier canadien
Climat
Subarctique
Les températures sont presque aussi froides, mais les sols demeurent gelés moins longtemps que dans le nord.
La température moyenne en été est de 10oC.
Végétation
Forêt subarctique
On trouve de petits conifères nommés résineux
Faune
Boeufs musqués, caribous, renards, perdrix

Il y a moins de précipitations (pluie ou neige) au nord du Nunavik. Au sud du Nunavik, les précipitations les plus abondantes sont en été.

Au Nunavik, il fait nuit presque toute la journée autour du 21 décembre, date de l'arrivée officielle de l'hiver, alors que, en été, il peut faire soleil pendant 20 heures dans une seule journée. Ces courtes ou longues périodes d'exposition à la lumière solaire s'expliquent par l'inclinaison de la Terre. L'hiver, le pôle Nord se trouve loin du Soleil, donc il est peu éclairé. L'été, c'est l'inverse, le pôle Nord se trouve plus près du Soleil, alors il est éclairé presque toute la journée.


Position du pôle Nord en été, moment où il est rapproché du Soleil
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Les questions environnementales touchent les Amérindiens compte tenu de l'attention qu'ils portent à la nature. Les conséquences des changements climatiques concernent particulièrement les Inuits. Le réchauffement de la planète fait dégeler les sols et les cours d'eau. Ainsi, certains cours d'eau se voient libérés de leurs glaces, ce qui représente pour certains une nouvelle possibilité de passage. Aussi, les terres dégelées contiennent plusieurs ressources naturelles (minéraux, pétrole), ce qui attirera sans doute des personnes intéressées à les exploiter. Le Nord et ses changements devient un territoire convoité.

Les activités économiques des Inuits

Certains emplois des Inuits se trouvent dans le secteur des services. En effet, des Inuits travaillent dans l’administration d’écoles, l’administration de leur ville ou de leur région, dans le domaine des transports, dans les télécommunications, pour la protection de la faune, comme policiers, dans le commerce de la fourrure et les produits pétroliers, etc. Ils travaillent aussi dans les mines.

Une forme de commerce populaire ches les Inuits est la coopérative. Ce sont les travailleurs d'un même domaine qui s'associent pour créer une entreprise. Ils sont tous coproriétaires et partagent les dépenses, les tâches et les avantages de la commercialisation de leurs produits. Les membres de la coopérative peuvent s'appuyer les uns sur les autres pour réaliser leurs objectifs. Par exemple, des artisans inuits peuvent se regrouper pour vendre leurs oeuvres d'art. Ils partagent alors les coûts du magasin et de la publicité.

Aujourd'hui, les Inuits, tout comme les Micmacs, pratiquent toujours la chasse, mais davantage pour leur consommation personnelle. La chasse occupe une place moins grande dans l'économie. Dans les années 80 par exemple, le commerce lié à la chasse aux blanchons (les bébés phoques) a beaucoup ralenti puisque plusieurs personnes, dont les Européens, se sont prononcées contre cette pratique. Le sujet demeure encore d'actualité.

Les caractéristiques des sociétés Micmacs et Inuits

La moyenne d’âge de la population autochtone est plus jeune que celle du reste du Canada et son espérance de vie est plus courte. Certains jeunes Amérindiens vivent aussi certains problèmes dus, entre autres, aux services éloignés et au choc des cultures. Le décrochage et la toxicomanie sont deux problèmes majeurs décelés chez les populations autochtones. Certains programmes existent toutefois pour améliorer la situation. Un de ceux-ci a été initié par l'ancien joueur de hockey Joé Juneau et l'Administration régionale Kativik. Il s'agit d'un programme Sport-études (concentration hockey) implanté au Nunavik.

La cohabitation de la culture nord-américaine et de la culture amérindienne traditionnelle a modifié le mode de vie des Autochtones. Ces derniers doivent réfléchir à l'équilibre entre l'appropriation de nouvelles habitudes et la survie de leurs traditions. Des questionnements se posent pour la langue parlée, les vêtements utilisés, les divertissements, etc. La religion aussi est influencée par les deux cultures : la religion catholique est bien présente dans les communautés autochtones, mais la population pratique aussi les croyances traditionnelles qui respectent, entre autres, les esprits de la nature.   

La culture amérindienne se transmet principalement par la tradition orale. Ceci signifie que les croyances, les légendes, les fêtes, la langue ou l'art par exemple sont enseignés par les plus vieux. En fait, le bagage culturel ne se trouve pas dans les livres, mais au sein des familles et chez les personnes âgées de la communauté.

Micmacs

Les Micmacs font partie de la famille linguistique algonquienne. Les Micmacs utilisent trois langues. À la maison et à l’école, les enfants apprennent la langue micmaque. Ils parlent aussi l’anglais, le français ou les deux. À l'école, les enfants suivent le même programme que partout ailleurs. Par contre, ils ont également des cours sur la langue, la culture et l'artisanat micmacs. Ces cours sont donnés par les aînés de la communauté.

La culture micmaque se fait connaître de plusieurs manières, entre autres par la radio communautaire et les différents journaux. Les touristes peuvent également visiter des villages micmacs et ainsi découvrir le patrimoine et le mode de vie de cette communauté. Environ 5000 Micmacs habitent au Québec en 2006. On estimait que cette population comptait près de 4000 personnes dans les années 80.

Les Micmacs vivent sur des réserves. C’est un Conseil de bande qui dirige les réserves micmaques. Un chef y est élu et y est assisté par une dizaine de conseillers, eux aussi élus. En 1982, les Micmacs profitent de la nouvelle loi qui reconnaît les droits ancestraux des Amérindiens. Cette loi abolit la Loi sur les Indiens, qui datait de 1876 et qui souhaitait leur assimilation. En 1985, le gouvernement du Québec reconnaissait officiellement les nations autochtones et leur accordait tous les droits qu'elles n'avaient pas eus avant.

Inuits

En 1981, on comptait 4 220 Inuits au Québec. En 2006, ils étaient plus de 10 400.

Trois langues sont aussi utilisées dans les communautés inuites. La langue inuite est l’inuktitut. La plupart des Inuits parlent aussi l’anglais et quelques-uns parlent le français. Les enfants vont aussi à l'école où ils en apprennent plus sur leurs traditions en plus des matières scolaires de base. Dès 1983, le tout premier roman inuit écrit en inuktitut est enseigné dans les écoles.

Contrairement aux autres communautés autochtones, les Inuits ne vivent pas dans des réserves, mais dans des villages et, à l'instar des autres municipalités québécoises, ceux-ci sont gérés par des conseils municipaux. Le Conseil municipal est composé d’un maire et de 6 conseillers. Malgré qu’une grande partie de la population inuite soit devenue sédentaire vers 1950, il reste toujours quelques Inuits qui ont un mode de vie nomade.

Les Inuits n'ont jamais été touchés par la Loi sur les Indiens. Ils n'ont pas eu à se battre autant que les autres nations pour la reconnaissance de leurs droits. La communauté a tout de même fondé plusieurs comités pour défendre son territoire.

Ce territoire est très difficile d'accès : il est très loin des autres régions du Québec et il n'y a pas beaucoup de routes qui le traversent. Les différents moyens de transport disponibles sont l'avion et le bateau. Quelques marchandises, le courrier et certains aliments sont livrés par avion. L'avion sert également à transporter les passagers, les malades et les blessés. Pour assurer un bon service à toutes les communautés, les Inuits ont fondé leur propre compagnie aérienne, Air Inuit.

Les plus grandes quantités d'aliments et les matériaux de construction arrivent par cargos. Ces bateaux ne peuvent desservir le territoire inuit que pendant les 3 mois d'été. Une bonne partie de ces livraisons représente donc les réserves pour les autres mois.

Pour se déplacer d'un endroit à l'autre sur leur territoire, les Inuits utilisent les motoneiges et les camions. Quelques fois, ils utilisent également les moyens de transport traditionnels : le kayak ou le traîneau à chiens. Comme les moyens de transport sont limités, les denrées coûtent beaucoup plus cher au Nunavik.


Le village d'Ivujivik
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