Histoire h1136

Les prises de décisions et les traditions chez les Autochtones

Le conseil des anciens

Chez les Autochtones, gagner en âge est considéré comme un signe de sagesse. C'est pourquoi les membres les plus âgés des groupes autochtones se rassemblent pour former le conseil des anciens. Ce conseil est chargé de prendre les décisions importantes pour l'ensemble de la communauté.

Il détermine, entre autres, les règles à suivre pour les membres du clan et décide si un affrontement contre des ennemis est nécessaire. Puisque chaque membre du conseil est expérimenté et sage, on accorde une grande valeur à leurs opinions. Dans une majorité de nations, le conseil des anciens a aussi la responsabilité de choisir le chef.

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​Une réunion du conseil des anciens
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Le chef

Les qualités requises pour devenir chef et le rôle de ce dernier varient d'une famille linguistique à l'autre. Chez les Inuits et les Algonquiens, deux familles nomades qui ont une structure sociale patriarcalele chef doit surtout être un habile chasseur qui sera capable d'assurer la sécurité de son clan. Celui-ci a l'importante responsabilité de déterminer s'il est temps de déplacer le campement et de choisir l'endroit où la nourriture se fera suffisante. 

Chez les Iroquoiens, le mode de vie sédentaire permet le développement d'un système qui est plutôt axé sur le dialogue et le compromis que sur la survie. Le chef civil est nommé pour son courage, son éloquence et sa capacité à convaincre les autres. Encore là, c'est le conseil des anciens qui prend les grandes décisions. Le rôle du chef est donc d'expliquer à l'ensemble des membres du conseil pourquoi son opinion est la bonne. C'est aussi lui, et non l'ensemble du conseil, qui est le représentant du village lorsque vient le temps d'entrer en contact avec d'autres nations.

Dans cette famille linguistique, il y a souvent un autre chef, le chef de guerre. Celui-ci, s'étant démarqué en raison de ses différents exploits réalisés dans le passé, a le rôle de mener ses confrères si une guerre se déclare.

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Représentation d'un chef autochtone
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​Un chef de guerre, habillé et maquillé pour intimider les ennemis
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La spiritualité et les traditions

Le chaman

Dans la conception autochtone, le monde est formé par trois dimensions: le ciel, la terre et le monde souterrain. Le ciel est lié aux esprits et au Grand Esprit. La terre est le lieu de la vie quotidienne. Le monde souterrain est réservé aux esprits des personnes décédées. Le chaman, personne sage et initiée, établit des liens entre les trois dimensions et aide la tribu à comprendre les messages des esprits. Pour être crédible au sein de son clan, le chaman doit faire des interprétations et des prédictions justes. Seulement les chamans ayant prouvé leur crédibilité peuvent faire partie du conseil des anciens.

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​Cérémonie de conjuration d'un mauvais sort
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La tradition orale

Amoureux de la nature et cherchant à expliquer leur place dans l'univers, les Autochtones ont développé une compréhension du monde basée sur l'animisme; une croyance qui considère que chaque élément de la nature, vivant ou non, possède un esprit. Plusieurs mythes et légendes se sont aussi développés pour tenter d'expliquer la création du monde et les phénomènes mystérieux. 

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​Représentation de la légende selon laquelle le
monde s'est formé sur le dos d'une tortue géante

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​Représentation d'une légende iroquoise portant sur les petits hommes
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Puisque l'écriture ne fait pas partie de la culture traditionnelle, les connaissances, les mythes et les légendes se transmettent oralement. La tradition orale est très importante pour assurer le maintien des habitudes de vie et des savoirs. Les jeunes autochtones apprennent les chants, les danses et les mythes en les écoutant et en participant aux cérémonies.

L'éducation des enfants

Il n'y a pas de système scolaire chez les Autochtones. Bien que les parents veillent au bien-être de leurs enfants, c'est tout le village qui s'assure que les jeunes soient éduqués. Pour ce faire, il n'est pas question de donner des ordres ou de punir physiquement un enfant lorsqu'il a mal agi. Les adultes s'assurent plutôt d'encourager les enfants et de les féliciter lorsqu'ils posent de bonnes actions. Or, bien que les enfants profitent d'une grande liberté, la recherche de reconnaissance les pousse à vouloir montrer leur bravoure, leurs habiletés et aussi à participer au bon fonctionnement du village.

Le partage, le don et le contredon

Chez les Autochtones, si un individu trouve une quantité de nourriture plus importante que celle dont il a besoin, il est de son devoir de partager les surplus avec les membres du groupe qui ont plus de difficulté à en trouver. Ainsi, les enfants, les ainés et les malades sont toujours pris en charge.

Dans ce contexte de générosité, la pratique du don et du contredon est courante. Lorsqu'un individu donne quelque chose (objet artisanal, pièce de vêtement, nourriture, outil, etc.), celui qui reçoit cherchera à donner quelque chose de valeur similaire en retour. Ce devoir moral de faire un contredon est observé dans la majorité des nations autochtones. Il est important de comprendre que cette pratique n'est pas une obligation. S'il s'agissait réellement d'un échange, on parlerait plutôt de troc.

Bien que les deux concepts soient similaires, il y a une différence importante entre la notion de troc et celle de don et de contredon.
En fait, le troc se définit par l'entente entre deux individus pour faire un échange. Un marché est conclu.
Dans le cas du don et du contredon, c'est par générosité et par désir d'entraide qu'un individu donne à un autre. Celui qui a reçu le don, par devoir moral, cherchera à son tour à donner à son bienfaiteur.


Les vidéos

Le Grand rassemblement des Premières Nations se déroule à chaque année à Mashteuiatsh au Lac-St-Jean.

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(Clique sur l'image ci-dessus pour accéder à la vidéo.)

Les exercices
Les références