Histoire h1207

Récession au début des années 1980

Au début des années 1980, le Québec est frappé par une récession qui affectera la population. En effet, durant la crise, près du quart des jeunes se retrouvent sans emploi et le taux de chômage grimpe à 14 %.

Les PME (petites et moyennes entreprises) sont particulièrement affectées et plusieurs d'entre elles doivent fermer leurs portes.

Tout au long de la récession, les taux d'intérêt grimpent et l'inflation est très forte, alors que le produit intérieur brut (PIB) est à la baisse.

Le taux d'inflation est de 6,7% en 1979 et augmente pour atteindre 10,3% en 1980 et 12,4% en 1981.
Au Canada, un million de travailleurs perdent leurs emplois, dont beaucoup de jeunes. Tous les marchés liés au bois, au papier et au charbon s'effondrent, affectant principalement l'économie du Québec, du Nouveau-Brunswick et de la Colombie-Britannique. L'essor fulgurant de l'industrie pétrolière touche à sa fin en Alberta, faisant grimper le taux de chômage de 3,8 % à 10,2 %. La dette nationale s'élève à 35 milliards, tandis que la valeur du dollar canadien chute.


Des travailleurs montrant leur mécontentement face à l'augmentation des taux d'intérêt, en 1981
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En avril 1982, René Lévesque convoque le Sommet socio-économique à Québec, pour faire appel à la solidarité de la population. En 1983, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) crée le Fonds de solidarité de la FTQ, dont le but est d'assurer le maintien et la création d'emplois, tout en investissant dans les PME québécoises. De plus, les fonds investis servent à faciliter les ententes et les associations, à faire la promotion de la formation des travailleurs, à stimuler l'économie et à augmenter l'épargne et le rendement des placements.

La récession dure plus de 15 mois, après quoi la relance économique permet un nouvel équilibre dans l'économie. Les difficultés économiques touchent plusieurs pays, où les taux de chômage et d'inflation sont en forte hausse.

L'économie mondiale doit faire face à la mondialisation des marchés et à l'émergence de nouveaux marchés en Asie. Partout dans le monde, la crise économique suscite un retour au conservatisme économique et social (avec Ronald Reagan aux États-Unis et Margaret Tatcher en Grande-Bretagne), qui souhaite mettre fin à la réglementation économique et à l'État providence. Au Canada, le gouvernement conservateur-progressiste de Brian Mulroney est élu en septembre 1984.

Au même moment, la reprise économique commence. Le nouveau gouvernement doit faire diminuer le déficit du pays, tout en diminuant les barrières tarifaires avec les États-Unis afin de stimuler les échanges commerciaux.


Élection de Brian Mulroney
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Par contre, à la fin des années 1980 et au début des années 1990, l'économie du Québec est encore affectée par des crises financières. Le lundi 19 octobre 1987, les investisseurs paniquent et les marchés boursiers s'effondrent. La population craint une nouvelle récession, qui sera évitée grâce à l'intervention rapide des banques centrales. L'économie se stabilise ensuite pour prospérer jusqu'au début des années 1990. Entre 1990 et 1992, une nouvelle crise frappe le Québec. La crise est moins forte que la précédente, mais la relance économique est plus lente.

Enjeux économiques et disparités entre les régions du Québec

Au cours des années 1980, l'orientation économique du Québec est passée d'une économie uniquement basée sur l'exploitation des ressources naturelles à une économie basée principalement sur le savoir, les services, l'innovation, etc.

Dans une telle économie, la valeur ajoutée occupe une plus grande place que les produits. Malgré tout, les ressources naturelles occupent encore une bonne place dans l'économie québécoise. La place des entrepreneurs québécois francophones a augmenté, par rapport aux entrepreneurs anglophones ou étrangers, au cours des dernières décennies.

Par ailleurs, le Québec ne doit plus seulement offrir des produits rentables, mais s'assurer en plus de concurrencer avec les entreprises étrangères, et de faire face à la délocalisation. En effet, avec la mondialisation, les entreprises québécoises doivent prendre leur place sur le marché international, en sachant que les grandes compagnies multinationales s'installent là où la productivité et la compétitivité sont plus élevées.

Pour y arriver, le Québec a su profiter des accords de libre-échange signés par le Canada, faisant ainsi tripler ses exportations vers les États-Unis. Les industries importantes sont celles du savoir (sciences, pharmacie, aérospatial, technologies de l'information, communications) et celles des ressources naturelles. Le Québec peut également attirer les investisseurs étrangers afin de développer son économie.

La délocalisation économique est le transfert d'activités, de capitaux et d'emplois en des régions du pays ou du monde bénéficiant d'un avantage compétitif (coûts de production moindres, meilleures infrastructures, personnel compétent ou meilleurs débouchés).

La mondialisation économique signifie l'accélération, à l'échelle mondiale, des échanges (grâce aux accords de libre-échange) par le développement des moyens de transport et de communication.

Le Québec profite également de ses réseaux publics (santé et éducation) qui offrent des services universels. La société d'État Hydro-Québec a également permis au Québec de développer une expertise dans l'ingénierie et la gestion de projet, tout en permettant à la province et à ses entreprises de profiter d'une source d'énergie propre et renouvelable.

Par rapport au reste du Canada, l'économie du Québec est moins prospère, puisque le PIB par habitant y est moins élevé et que la productivité est plus faible. Le Québec doit donc s'adapter aux défis suivants pour assurer son développement économique:

  • Adapter les finances publiques à la nouvelle réalité (demande en hausse et diminution de la marge de manoeuvre);
  • Démographie en déclin, principalement dans les régions ressources;
  • Diminution des avantages concurrentiels lorsque les ressources naturelles sont plus éloignées et que leur extraction coûte plus cher;
  • Développer davantage de moyennes et de grandes entreprises pour surmonter la concurrence, augmenter les exportations;
  • Faciliter la commercialisation des nouveaux produits technologiques;
  • Amélioration des équipements, de l'organisation du travail et de la formation des ressources humaines pour augmenter la productivité;
  • Assurer une meilleure relève chez les dirigeants d'entreprise qui seront bientôt à la retraite.
Au Canada, les provinces et les régions ne connaissent pas le même développement économique. Les grands centres urbains connaissent une meilleure prospérité économique que les régions éloignées. Certaines provinces, comme les provinces des Maritimes, sont moins favorisées que d'autres provinces, comme la Colombie-Britannique qui connaît un bon essor économique.

L'Ontario et le Québec sont parmi les provinces les plus prospères du Canada. Le Québec représente d'ailleurs 21 % du PIB canadien. À elle seule, la région de Montréal constitue 45 % des revenus et de la production du Québec.

Certaines villes du Québec, grâce à leurs infrastructures, au commerce, au transport et à une population plus dense, réussissent davantage à développer une économie prospère. De même, les régions les plus vieilles du Québec sont généralement parmi les plus riches de la province. Les industries, pour pouvoir être rentables et efficaces, doivent se situer au coeur du pays, près des services et des infrastructures. C'est pourquoi les grandes villes sont favorisées, principalement au Québec et en Ontario. Par contre, des organismes gouvernementaux font la promotion du développement régional en aidant les industries et en offrant un soutien financier aux entrepreneurs locaux.

Au Québec, le plus bas niveau d'emploi et de revenu survient dans les régions ressources en périphérie des grands centres, telles que la Gaspésie, la Côte-Nord, le Nord-du-Québec, le Saguenay, le Lac-Saint-Jean, l'Abitibi-Témiscamingue, le Bas-Saint-Laurent et les Îles-de-la-Madeleine. Ces régions représentent en fait 87,7 % du territoire québécois, mais ne regroupent que 11,5 % de la population.

L'économie et le peuplement de ces régions sont issus de l'exploitation des ressources naturelles. Par contre, les industries liées aux ressources naturelles exigent moins de main-d'oeuvre depuis:
  • L'innovation des technologies
  • L'épuisement des ressources
  • L'imposition de quotas pour assurer la préservation de la ressource (principalement pour les forêts et les poissons).
D'un autre côté, la hausse des coûts de production et des équipements, la baisse de demande et la concurrence internationale ont occasionné la fermeture de plusieurs usines et la perte de milliers d'emplois.


Tableau illustrant les disparités régionales du Québec et de l'Alberta, en comparant le taux d'emploi (cliquer pour agrandir)
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Les régions ressources ont besoin de diversifier leur économie, mais doivent composer avec différentes contraintes telles que l'éloignement, la faible densité de population et le manque de culture entrepreneuriale dans ces régions.

Le taux d'activité est donc plus bas, tout comme le sont les revenus, tandis que le taux de chômage est plus élevé que la moyenne provinciale. La réalité économique entraîne également des conséquences démographiques comme la perte de population et la baisse de natalité. La force d'attraction exercée par les villes influence finalement autant la population que les entreprises.
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