Histoire h1365

Mouvements migratoires de 1867 à nos jours

En 1867, le Dominion du Canada, formé de quatre provinces, a une population de 3,4 millions d'habitants. Durant cette période, le pays s'agrandit et l'on souhaite peupler l'ouest. La population augmente considérablement à cause de l'immigration et de l'accroissement naturel.

Toutefois, les gouvernements doivent composer avec une émigration importante de Canadiens à l'étranger, notamment aux États-Unis. Ils mettent donc des mesures en place, à la fois pour contrer cette émigration et aussi pour promouvoir l'arrivée d'immigrants au Canada.

L'immigration

Entre 1867 et 1901, environ 1,5 million de nouveaux arrivants entrent au Canada. La majorité d'entre eux viennent de l'Europe du Nord, du Royaume-Uni ou des États-Unis.

Depuis la création du Dominion du Canada en 1867, l'immigration est une compétence partagée par les deux paliers de gouvernement. En 1869 est créée une politique sur l'immigration dans le but de peupler l'Ouest canadien, qui offre de nombreuses terres propices à l'agriculture. Un marché intérieur est aussi créé. Cette politique n'est pas restrictive, c'est-à-dire qu'elle ne cible pas vraiment de catégorie d'immigrants ou de nationalités précises.


Une publicité diffusée aux Pays-Bas présentant le Manitoba, 1890. (cliquer pour agrandir)
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D'autres mesures sont mises en place par le gouvernement fédéral en lien avec l'immigration :

  • En 1872, la Loi sur les terres fédérales vise à donner une terre aux colons qui s'établissent dans l'Ouest;
  • en 1879, le premier ministre John A. Macdonald adopte la Politique nationale;
  • en 1885, le Dominion du Canada adopte une loi discriminatoire visant la réduction de l'immigration chinoise;
  • en 1906 et 1910, le gouvernement fédéral adopte des lois discriminatoires pour bloquer l'entrée au pays de certains immigrants, sur la base de leur pays d'origine, leur culture, leurs opinions politiques ou encore leur niveau de richesse par exemple;
  • en 1923, on interdit aux Chinois l'entrée au pays;
  • en 1952, une loi accorde une préférence aux immigrants de l'Europe de l'Ouest et des États-Unis.

La politique canadienne en matière d'immigration laisse paraître des préjugés à l'endroit de certaines nationalités ou minorités. Aussi, à certains moments, le pays devient très sélectif sur les immigrants qu'il accueille à l'intérieur de ses frontières. Par exemple, durant la Première Guerre mondiale, le Canada considère les immigrants provenant des pays ennemis comme une menace.


Des immigrants arrivent au Manitoba en 1910 (cliquer pour agrandir)
Bibliothèque et Archives Canada

John Woodruff, 1910

Lors de la Seconde Guerre mondiale, il ferme ses portes aux personnes souhaitant fuir le régime nazi. Plusieurs immigrants originaires de pays ennemis sont placés dans des camps de travail. Ce n'est qu'à partir des années 1960 que les critères basés sur l'origine ethnique sont délaissés : de nouveaux critères, tel que la formation en lien avec le marché du travail, sont utilisés.

De son côté, le Québec souhaite lui aussi pouvoir jouer un rôle plus important en lien avec l'entrée d'immigrants sur son territoire, afin de protéger la langue française notamment. C'est pourquoi le ministère de l'Immigration du Québec est créé en 1968. En même temps, on crée des centres servant à franciser les personnes qui immigrent au Québec. Des immigrants sont choisis en fonction de leur capacité à s'intégrer dans une société francophone.


Pays de naissance des principaux immigrants au Québec en 2013 (cliquer pour agrandir)

Dans la seconde moitié du 20e siècle, beaucoup de nouveaux arrivants proviennent des Balkans, d'Haïti et du Sud-est asiatique.

Suite aux attentats survenus aux États-Unis le 11 septembre 2001, une nouvelle loi est adoptée : la Loi sur l'immigration. Cette loi permet aux autorités de réexaminer le dossier de certains résidents permanents qui pourraient représenter une menace à la sécurité du pays. Ainsi, le gouvernement est en mesure de rendre plus difficile l'obtention du statut de réfugié.

Les résidents permanents sont des personnes qui n'ont pas la citoyenneté canadienne, mais qui ont la possibilité de vivre et de travailler au Canada.

Facteurs contribuant aux mouvements migratoires

Amélioration de la condition économique

À la fin du 19e siècle, la bonne situation économique du Canada de l'époque attire des immigrants qui souhaitent améliorer leur condition économique. Plus de 3 millions d'immigrants viennent ainsi s'installer dans les Prairies au début du 20e siècle, ce qui explique la création de deux nouvelles provinces en 1905 : l'Alberta et la Saskatchewan.

Réunification des familles et des réfugiés

En 1976, de nouvelles catégories d'immigrants sont créées, comme les réfugiés et ceux qui sont soutenus par des parents qui résident au Canada (réunification des familles).

Un réfugié est une personne qui fuit son pays pour échapper à une menace (guerre, rébellion, dictature, etc.).

Dans les années 1970, le Canada et le Québec accueillent notamment des milliers de personnes provenant d'Asie (Laos, Cambodge, Vietnam) en lien avec la fin de la guerre du Vietnam, ainsi que d'Amérique latine (Chili) en lien avec la dictature militaire d'Augusto Pinochet.


Des boat-people vietnamiens, 1984 (cliquer pour agrandir)
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L'émigration

Malgré une immigration importante durant cette période, la population canadienne augmente faiblement. Cela est dû principalement au fait qu'il y a une importante émigration des Canadiens français vers les États-Unis.


Nombre de Canadiens français dans les États de la Nouvelle-Angleterre en 1900 (cliquer pour agrandir)
Source du fond de carte

Les effets sociaux de la deuxième phase industrielle au Canada : l'émigration aux États-Unis

Effets des mouvements migratoires

Effets sur le territoire

L'immigration a plusieurs effets sur le territoire, comme par exemple, le développement de quartiers ethniques dans les villes. Les immigrants d'une même origine se regroupent à l'intérieur de certains quartiers. À Montréal, par exemple, il existe plusieurs quartiers semblables : le Quartier chinois, la Petite Italie, le Petit Maghreb, etc.


Le Quartier chinois de Montréal (cliquer pour agrandir)
Le monde en images
Denis Chabot, 2001

Dans ces quartiers ou ailleurs, plusieurs commerces gérés par des membres de différentes communautés culturelles ouvrent : restaurants, épiceries, centres commerciaux, etc.

L'immigration a également comme effet d'apporter de nouvelles religions qui viennent de partout à travers le monde. Les villes qui accueillent beaucoup d'immigrants voient apparaître de nouveaux lieux de culte, associés à d'autres religions que la religion catholique (l'hindouisme, l'islam, le bouddhisme, le judaïsme, etc.)


Le restaurant italien Da Giovanni (cliquer pour agrandir)
Le monde en images
Denis Chabot, 2001

Effets sur la population

L'immigration a également des impacts sur la population. En effet, la présence de diverses confessions religieuses dans la société québécoise en témoigne.

Aussi, ces nouveaux arrivants apportent avec eux un art riche, qui est alors diffusé ici. Divers événements permettent de mieux faire connaître cet art ethnique. C'est le cas du Festival international Nuits d'Afrique qui se tient à Montréal, chaque année.


Spectacle extérieur dans le cadre du festival en juillet 2013 (cliquer pour agrandir)
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Les exercices
Les références