Histoire h1390

Culture et mouvements de pensée sous le régime britannique (1760-1867) (notions avancées)

Les notions abordées dans cette fiche dépassent celles qui sont vues au secondaire. Il s'agit d'un complément pour ceux qui sont curieux d'en savoir plus.

Impérialisme

L'impérialisme est la domination culturelle, économique et/ou militaire d'un État sur un autre.

Suite à la conquête, les Britanniques s'installent dans ce qui était auparavant la Nouvelle-France. En même temps, le roi anglais, comme son représentant le gouverneur, imposent leur langue et leurs institutions, comme la religion protestante. L'économie est désormais contrôlée par les marchands britanniques.


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La Gazette de Québec, édition du 21 juin 1764
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L'impérialisme anglais se manifeste de plusieurs façons dans la colonie. On assiste à la création de The Quebec Gazette / La Gazette de Québec, un journal où l'État publie notamment des lois et des règlements. Il y a aussi des constructions comme le monument Nelson (en l'honneur d'un amiral britannique du même nom) ou le Square Victoria (en l'honneur de la reine anglaise) qui symbolisent l'Empire britannique.

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Le Square Victoria, à Montréal, par Jean Gagnon
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Libéralisme

Le libéralisme est un courant de pensée qui prône la liberté individuelle. L'individu est responsable et par conséquent le pouvoir de l'État doit être limité.

Le libéralisme est le principal courant de pensée sous le régime anglais. Il donne une grande importance aux différentes libertés (individuelle, d'expression, de presse, politique et économique). Les libéraux souhaitent que ces libertés fondamentales soient reconnues dans les lois et la Constitution.

Plusieurs groupes revendiquent des droits, inspirés par les idées libérales qui circulent dans la colonie. C'est le cas des marchands et de la bourgeoisie britanniques, qui souhaitent avoir plus de pouvoir politique en limitant celui du roi, en demandant la création d'une assemblée législative.

Photo BAnQ L.-J. Papineau ?

Du côté des Canadiens, la bourgeoisie professionnelle revendique elle aussi davantage de droits politiques, dont la création d'une assemblée élue. La Chambre d'assemblée fut créée en 1791 avec l'Acte constitutionnel et les premières élections eurent lieu l'année suivante. Les députés qui la composent font entendre leur voix et continuent de demander des réformes politiques. C'est le cas de Louis-Joseph Papineau, chef du Parti canadien qui change de nom plus tard pour devenir le Parti patriote.

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Le drapeau patriote représente les trois différents groupes présents au Bas-Canada : les Irlandais (vert), les Français (blanc) et les Britanniques (rouge)
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Les idées libérales circulent abondamment dans la colonie, notamment grâce aux journaux d'opinion comme Le Canadien et The Vindicator.

 

Ultramontanisme

L'ultramontanisme est un courant de pensée qui préconise la soumission du pouvoir politique au pouvoir religieux. En d'autres mots, l'État doit obéir à la volonté de l'Église.

L'ultramontanisme est un mouvement de pensée originaire de France qui affirme la prééminence (la supériorité) de l'Église sur l'État. Les ultramontains reconnaissent le pouvoir absolu du pape. Contrairement aux libéraux, ils s'opposent à la modernité. Ils prônent plutôt une société traditionnelle.

Parmi les personnes qui ont incarné ce courant de pensée, il y a Monseigneur Ignace Bourget, évêque de Montréal entre 1840 et 1876 ainsi que Monseigneur Laflèche, évêque de Trois-Rivières entre 1870 et 1898.

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Louis-François Richer Laflèche (1818-1898)
BAnQ, P1000 S4 D83 PL19
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Les ultramontains ont beaucoup d'influence sur la société et la politique. L'Église, de manière générale, jouit d'une plus grande liberté que lui donne l'administration britannique. Les fidèles sont très encadrés, comme l'illustre la création par les Sulpiciens de l'œuvre des bons livres, une bibliothèque de livres dont la lecture est approuvée par l'Église. C'est pour les ultramontains une façon de contrôler ce que la population lit.

Au niveau politique, les ultramontains encouragent des jeunes Canadiens à s'engager pour aller combattre en Italie aux côtés des États pontificaux (contrôlés par le pape) au début des années 1860. Ces soldats sont appelés les zouaves pontificaux. Ils vont combattre pour le pape, qui souhaite défendre son territoire face au roi italien.

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Le Canadien français C.-E. Roulleau, régiment des Zouaves pontificaux, à Rome en mai 1868
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Anticléricalisme

L'anticléricalisme est une idéologie qui s'oppose fermement à l'intervention de l'Église dans les affaires politiques. Les anticléricaux veulent la séparation de l'Église et de l'État.

Les partisans du libéralisme, courant auquel s'oppose l'ultramontanisme, sont contre toute forme d'intervention de l'Église aux niveaux social et politique. Ils sont plutôt d'avis que l'Église et l'État doivent être séparés. Les anticléricaux sont pour le progrès et la modernité tandis qu'ils sont contre le traditionalisme.

Parmi les anticléricaux, il y a le Parti rouge, un parti politique composé de réformistes radicaux. Il s'oppose à l'influence de l'Église et utilise notamment des journaux d'opinion comme L'Avenir et Le Pays pour faire passer son message.

Un autre acteur important pour l'anticléricalisme est l'Institut canadien, créé par des professionnels et des intellectuels en 1844. Lieu de discussions et d'échanges sur une multitude de sujets, l'Institut renferme une bibliothèque considérable qui contient même des livres interdits par l'Église. Cette situation déplaît au clergé qui condamne l'Institut.

Plusieurs anticléricaux protestent contre la censure que  veut faire l'Église sur les livres. C'est le cas de Louis-Antoine Dessaulles, un ancien président de l'Institut canadien et d'Arthur Buies, journaliste canadien ayant écrit les Lettres sur le Canada. Après des années de conflit avec l'Église catholique, l'Institut canadien ferme en 1877.

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