Science et technologie s1463

La procréation médicalement assistée

La procréation médicalement assistée regroupe l'ensemble des procédés médicaux qui ont pour but d'aider les femmes à devenir enceintes.

Au Canada, on estime qu'entre 10% et 15% des couples sont infertiles. D'un point de vue médical, on définit l'infertilité comme étant l'incapacité pour un couple de concevoir naturellement un enfant après un an de rapports sexuels non protégés. Certains de ces couples se tournent alors vers l'adoption. D'autres utilisent plutôt la biotechnologie pour les aider à avoir un ou plusieurs enfants. En effet, différentes techniques de procréation médicalement assistée ont été mises au point afin d'aider les couples infertiles ou stériles à concevoir un enfant. 

Il est important de ne pas confondre infertilité et stérilité. L'infertilité désigne une difficulté du couple à concevoir, mais pas une impossibilité. Au contraire, la stérilité est l'incapacité permanente de concevoir un enfant. 

Les causes d'infertilité ou de stérilité sont nombreuses. La cause la plus fréquente concerne un problème lors de la production des gamètes, soit en ce qui a trait à leur quantité ou à leur qualité. Certaines malformations anatomiques du système reproducteur ou des infections transmissibles sexuellement (ITS) peuvent aussi causer l'infertilité. Toutefois, les causes de l'infertilité d'un couple demeurent souvent inexpliquées. 

Lorsqu'un couple décide de se tourner vers la procréation médicalement assistée pour concevoir un enfant, il doit d'abord subir un bilan de fertilité. Ce bilan permet au médecin de déterminer les causes et la nature de la difficulté, ce qui lui permet de proposer un traitement adéquat. Les procédés d'assistance médicale à la procréation sont nombreux, mais quatre sont plus couramment utilisés. 

Traitements hormonaux (aussi nommés stimulation ovarienne)

La prise de médicaments à base d'hormones peut corriger une infertilité causée par des problèmes hormonaux. Généralement, ce traitement sera utilisé chez une femme qui n'a pas d'ovulation, ou très peu. La prise d'hormones stimule le déclenchement de l'ovulation chez la femme et favorise la croissance des follicules ovariens dans les ovaires, follicules qui se transformeront en ovules lors de leur expulsion dans les trompes de Fallope. Ce traitement provoque souvent des grossesses multiples puisque la prise d'hormones stimule les ovaires à produire plus d'un ovule par cycle. 

Insémination artificielle

Lors d'un problème concernant la production de spermatozoïdes (pas assez nombreux ou mal formés), les médecins ont souvent recours à l'insémination artificielle. Cette technique, effectuée à l'aide d'un cathéter (un tube très fin), consiste à injecter les spermatozoïdes directement dans l'utérus de la femme. On dit alors que la fécondation a lieu in vivo, c'est-à-dire à l'intérieur du corps de la femme.

L'insémination artificielle se déroule généralement en trois étapes. La femme subit d'abord un traitement hormonal visant à stimuler les ovaires et à déclencher l'ovulation à une date précise. Ensuite, le sperme du père (ou d'un donneur en cas d'absence de spermatozoïdes chez le père) est prélevé et traité. On ne conserve que les spermatozoïdes les mieux formés et les plus mobiles. Finalement, le médecin injecte les spermatozoïdes traités dans l'utérus de la femme au moment le plus propice à la fécondation, soit lors de son ovulation. Bien que l'insémination soit artificielle, la fécondation demeure naturelle dans ce type de traitement.

Fécondation in vitro

Contrairement à l'insémination artificielle, la fécondation dite in vitro se déroule à l'extérieur du corps de la femme. En effet, cette technique permet la fécondation en laboratoire des ovules par des spermatozoïdes. On l'utilise généralement lorsque les tentatives d'insémination artificielle ont échoué ou lorsque des trompes de Fallope bloquées empêchent la fécondation naturelle.

La fécondation in vitro se déroule en plusieurs étapes. La femme subit d'abord un traitement hormonal visant à stimuler les ovaires afin qu'ils produisent une grande quantité d'ovules. Ensuite, le sperme du père (ou d'un donneur en cas d'absence de spermatozoïdes chez le père) est prélevé et traité afin de ne conserver que les meilleurs spermatozoïdes. Des ovules de la mère sont aussi prélevés lors de l'ovulation. Par la suite, les ovules sont rapidement mis en présence des spermatozoïdes dans une éprouvette ou dans une boîte de Petri. La fécondation a donc lieu en laboratoire. Les ovules fécondés se trouvent dans un milieu favorable au développement des embryons. Deux jours suivant la fécondation, les médecins sélectionnent les embryons les mieux développés (de 2 à 4) pour les implanter dans l'utérus de la mère afin qu'au moins un d'entre eux survive et donne lieu à une grossesse.

Les bébés issus de la fécondation in vitro sont parfois appelés bébés-éprouvette, bien que leur développement se déroule dans l'utérus de la mère. Les ovules fécondés en laboratoire et non implantés dans l'utérus de la mère peuvent être congelés afin d'être implantés plus tard, dans la nécessité d'une nouvelle fécondation in vitro.

Fécondation par micro-injection

La fécondation par micro-injection est similaire à la fécondation in vitro. Cependant, à la suite de la collecte des ovules et des spermatozoïdes, ceux-ci ne sont pas simplement mis en contact dans une éprouvette. On force plutôt l'introduction d'un spermatozoïde dans l'ovule à l'aide d'une micro-seringue. L'embryon obtenu sera ensuite implanté dans l'utérus de la mère, comme dans le cas de la fécondation in vitro. Cette technique est utilisée lorsqu'il y a très peu de spermatozoïdes, ce qui ne permet pas la fécondation des ovules même en éprouvette.

Fécondation par micro-injection

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