Français f1077

Le vers

Graphiquement, le vers correspond à une ligne du poème. C'est une réalité poétique qui a un impact sur le rythme, mais pas nécessairement sur le sens. On mesure le vers d’après le nombre de syllabes qui le composent. Ces syllabes sont aussi désignées sous le terme de pied. Par exemple, on dira d'un vers de huit syllabes qu'il est un vers de huit pieds.​

 

Il ne faut pas compter les syllabes muettes à la fin des vers et celles qui sont élidées. Toutefois, il faut compter les syllabes formées de voyelles à la fin d’un mot lorsque le mot suivant commence par une consonne. Comme le rythme et l’oralité sont essentiels en poésie, une syllabe comptée est nécessairement une syllabe prononcée.
 

1. Que ces vains ornements, que ces voiles me pèsent ! (12 syllabes)
- On prononce voiles en deux syllabes et on ne prononce pas le e final de pèsent​.

2. Quelle importune main, en formant tous ces noeuds (12 syllabes)
- On enchaîne quelle importune sans prononcer le e final de quelle, mais on prononce importune main en cinq syllabes en prononçant le e final de importune.​

- Extraits de Phèdre, Racine

 
Dans le langage d’analyse, les vers portent un nom selon le nombre de syllabes.

1. Un vers d’une syllabe est appelé monosyllabe.
2. Un vers de deux syllabes est appelé dissyllabe.
3. Un vers de trois syllabes est appelé trissyllabe.
4. Un vers de quatre syllabes est appelé tétrasyllabe.
5. Un vers de cinq syllabes est appelé pentasyllabe.
6. Un vers de six syllabes est appelé hexasyllabe.
7. Un vers de sept syllabes est appelé heptasyllabe.
8. Un vers de huit syllabes est appelé octosyllabe.
9. Un vers de neuf syllabes est appelé ennéasyllabe.
10. Un vers de dix syllabes est appelé décasyllabe.
11. Un vers de onze syllabes est appelé indécasyllabe.
12. Un vers de douze syllabes est appelé dodécasyllabe ou alexandrin.
13. Un vers de plus de douze syllabes est appelé vers libre.

  • Dans la poésie du Moyen Âge, les auteurs privilégiaient les octosyllabes alors que dans la poésie classique (dès le 17e siècle), l’alexandrin s’est imposé chez tous les auteurs.

Avant l’invention de l’imprimerie, la plupart des textes étaient composés en vers rimés : poèmes, histoires, pièces de théâtre, etc. Les textes étaient écrits sous cette forme parce qu’ils étaient plus faciles à mémoriser. Les vers, les rimes, les césures, les allitérations donnaient une musicalité au texte, favorisant ainsi la mémorisation. Ce sont les troubadours qui apprenaient les histoires et qui les récitaient dans les places publiques et dans les maisons. Au Moyen Âge, c’était pratiquement le seul moyen d’avoir accès à ces histoires : les textes imprimés n’existaient pas encore, les ouvrages manuscrits coûtaient très cher, sans compter que la plupart des gens ne savaient pas lire.

 

Le texte poétique

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