Français f1086

Le pantoum

Le pantoum est un poème à forme fixe originaire de la Malaisie qui fut adopté par les poètes français du 19e siècle à l’époque du romantisme. Le principe de base du pantoum est la répétition.

 

Tout comme le sonnet, le pantoum doit respecter des règles :

1. Il doit contenir 16 vers dont seulement 10 doivent être différents.

2. Il est composé de 4 quatrains (strophes de quatre vers).

3. La longueur des vers est laissée au choix de l'auteur, mais doit être préservée tout au long du poème.

4. Le premier quatrain doit contenir 4 vers différents dont les rimes alternent.

5. Le deuxième quatrain reprend deux des vers de la première strophe. Le deuxième et le quatrième vers du premier quatrain sont repris respectivement en tant que premier et troisième vers du deuxième quatrain. Cette construction répétitive se poursuit de la même manière de strophe en strophe.

6. Dans chaque strophe, deux idées différentes doivent être dévelopées. La première idée est présentée dans les deux premiers vers. La deuxième​ idée figure dans les deux derniers vers. Généralement, le premier sujet est simple et extérieur, alors que le deuxième est plus intime et moralisateur. Cela crée un effet où deux antithèses sont à la fois liées et opposées. 

 

Harmonie du soir

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir; (1)
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir;
Valse mélancolique et langoureux vertige ! (2)

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir; (1)
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige; (3)
Valse mélancolique et langoureux vertige ! (2)
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir. (4)

Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige, (3)
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir ! (5)
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir; (4)
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige. (6)

Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir, (5)
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige... (6)
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !
- Charles Baudelaire

  • La répétition des vers participe non seulement au rythme, mais aussi au sens puisque le même vers prend des significations différentes d’une strophe à l’autre.
  • Dans sa composition la plus classique, le pantoum doit se terminer avec le premier vers. Toutefois, les auteurs du 19e siècle comme Baudelaire respectaient déjà moins religieusement les règles des formes fixes.

Le texte poétique

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Les exercices
Les références