Français f1087

La ballade

​La ballade est un petit poème narratif écrit en strophes contenant un refrain et terminant par un envoi, c'est-à-dire une strophe plus courte.

 

La ballade, qui peut être grande ou petite, doit respecter les règles suivantes :

1. Généralement, elle est construite à partir de trois huitains (petite ballade) ou de trois dizains (grande ballade) suivis d'un quatrain ou d'une strophe contenant plus de quatre vers (pour la grande ballade).

2. Les vers, tous de la même longueur, sont généralement des octosyllabes.

3. La disposition des rimes constituant les finales des vers doit respecter la structure suivante : ABABBCBC (pour les huitains) et ABABBCCDCD (pour les dizains).

4. Le premier quatrain doit contenir 4 vers différents dont les rimes alternent.

5. Le dernier vers de chaque strophe est toujours le même, c'est le refrain.

6. La dernière strophe de 4 vers reprend les dernières rimes ainsi que le refrain. On appelle ce quatrain l'envoi. Dans la grande ballade, l'envoi peut être composé en cinq vers ou plus. 

 

Ballade pour prier Notre-Dame (grande ballade)

Dame du ciel, régente terrienne (A)
Emperière des infernaux palus, (B)
Recevez-moi, votre humble chrétienne, (A)
Que comprise sois entre vos élus, (B)
Ce nonobstant qu’oncques rien ne valus. (B)
Les biens de vous, ma Dame et ma Maîtresse, (C)
Sont trop plus grands que ne suis pécheresse, (C)
Sans lesquels biens âme ne peut mérir (D)
N’avoir les cieux. Je n’en suis jangleresse : (C)
En cette foi je veux vivre et mourir. (D)   

À votre fils dites que je suis sienne; (A)
De lui soient mes péchés absolus; (B)
Pardonne-moi comme à l’Égyptienne, (A)
Ou comme il fit au clerc Théophilus, (B)
Lequel par vous fut quitte et absolus, (B)
Combien qu’il eût au diable fait promesse. (C)
Préservez-moi de faire jamais ce, (C)
Vierge portant, sans rompure encourir, (D)
Le sacrement qu’on célèbre à la messe : (C)
En cette foi je veux vivre et mourir. (D)

Femme je suis pauvrette et ancienne, (A)
Qui rien ne sais; oncques lettre ne lus. (B)
Au moutier vois dont suis paroissienne (A)
Paradis peint, où sont harpes et luths, (B)
Et un enfer où damnés sont boullus (B)
L’un me fait peur, l’autre joie et liesse. (C)
La joie avoir me fais, haute Déesse, (C)
À qui pécheurs doivent tous recourir, (D)
Comblés de foi, sans feinte ni paresse : (C)
En cette foi je veux vivre et mourir. (D)

Vous portâtes, digne Vierge, princesse, (C)
Jésus régnant qui n’a ni fin ni cesse. (C)
Le Tout-Puissant, prenant notre faiblesse, (C)
Laissa les cieux et nous vint secourir, (D)
Offrit à mort sa très chère jeunesse; (C)
Notre Seigneur tel est, tel le confesse : (C)
En cette foi je veux vivre et mourir. (D)

- François Villon

  • François Villon est une figure poétique majeure du Moyen Âge. Ses textes sont difficiles d'approche puisqu'ils n'ont pas été écrits originairement en français moderne, mais plutôt en moyen français (variété historique du français qui était parlée au Moyen Âge et à la Renaissance). Bien que ses textes aient été adaptés, il n'en demeure pas moins que le style de l'auteur (syntaxe particulière, symboles multiples liés à son époque, etc.) représente un grand degré de difficulté pour le lecteur contemporain.
  • Au 19e siècle, des auteurs comme Victor Hugo écrivent des ballades sans respecter de façon stricte toutes les règles associées à la ballade classique. La forme de la ballade peut donc légèrement variée d'une époque à l'autre.

1. La ballade sous forme fixe fut très populaire au Moyen Âge.

2.
 On appelle la dernière strophe l'envoi parce que, traditionnellement, le troubadour destinait son poème à une personne précise, son envoi lui servait alors à s’adresser directement à cette personne pour la toucher ou lui demander quelque chose.

 

Le texte poétique

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