Histoire h1142

La traite des fourrures et la colonisation en Nouvelle-France (notions avancées)

Les notions abordées dans cette fiche dépassent celles qui sont vues au secondaire. Il s'agit d'un complément pour ceux qui sont curieux d'en savoir plus.

La traite des fourrures

Dès les débuts de la Nouvelle-France, la France, intéressée par les fourrures, offrait le monopole du commerce à certaines personnes en échange du développement du territoire et de la colonisation. Dès 1625, le cardinal de Richelieu planifie l'exploitation des fourrures en Nouvelle-France. Quelques années plus tard, plusieurs navires quittent régulièrement la Nouvelle-France, chargés de peaux et de fourrures.

En 1627, Richelieu met sur pied la Compagnie des Cent-Associés, qui regroupe plusieurs commerçants. Ces derniers obtiennent les privilèges de la traite des fourrures. En échange, ils devront coloniser le territoire et en exploiter les ressources.

Au cours des 17e et 18e siècles, la traite des fourrures représente 70% des activités économiques de la Nouvelle-France. La traite des fourrures s'appuyait sur le troc. Les Français offraient divers produits européens aux Amérindiens en échange de fourrures et de peaux. Parmi les marchandises prisées par les Amérindiens, il y avait des fruits, de la poudre à fusil, des couvertures, des outils, des vêtements, des briquets, des aiguilles à coudre, de l'eau de vie, des chaudrons, etc.


Les marchands européens proposent diverses marchandises aux Amérindiens en échange de fourrures.
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Les Français ont ouvert quelques postes de traite le long du fleuve Saint-Laurent. Les Amérindiens et les commerçants s'y retrouvaient pour échanger leurs marchandises. Par la suite, les fourrures étaient envoyées vers Ville-Marie ou vers Québec, endroits d'où elles partaient vers l'Europe. Ce système permettait aux Français de profiter des réseaux de troc déjà mis en place par les Amérindiens. De plus, au printemps, une grande foire avait lieu à Ville-Marie. Tous les Amérindiens se regroupaient et présentaient leurs fourrures et leurs peaux. Cette foire a eu lieu jusqu'à la fin du 17e siècle.


Le commerce des fourrures à Ville-Marie, vers 1645

Rapidement, les peaux de castor ont été de plus en plus demandées. La mode européenne était aux chapeaux de feutre et la fourrure de castor était parfaite pour ce genre de chapeau. D'ailleurs, la valeur des fourrures était fixée en comparant chaque pièce à une belle peau de castor adulte, la fourrure la plus recherchée. La traite des fourrures était une activité très lucrative pour les marchands qui revendaient les peaux à un prix élevé en Europe.

La traite attire plusieurs marchands et la France décide de créer une réserve, le Domaine du Roi. Ce territoire est exclusivement réservé au commerce des fourrures. Le peuplement y est interdit et seuls les commerçants autorisés à traiter auprès des Amérindiens y ont accès. Le Domaine du Roi regroupe les régions du Saguenay, du Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord.

La traite des fourrures devient rapidement une activité populaire auprès des Amérindiens qui se mettent à trapper plus intensément. Les peaux de castor s'accumulent dans les entrepôts tandis que la population de castors commence à ressentir les effets négatifs de la chasse intensive. Peu à peu, des colons français quittent les habitations pour aller chasser eux-mêmes. Les coureurs des bois veulent profiter eux aussi de la rentabilité de la traite des fourrures.

Afin de mieux gérer la traite et éviter les surplus, des permis de traite sont exigés dès 1681. Ces permis visaient surtout à limiter le nombre de coureurs des bois qui pouvaient explorer l'ouest du territoire. En 1696, la Marine Française met fin au commerce des peaux de castor et cesse de donner des permis. La Marine souhaitait ainsi garder le maximum d'hommes pour combattre les armées anglaises.

Conséquences de la traite des fourrures sur la colonisation

Les premiers arrivants mandatés à la colonisation et au peuplement de la Nouvelle-France sont d'abord présents pour exploiter les fourrures. La Nouvelle-France n'est donc pas une colonie de peuplement. Par exemple, en 1626, la population de la Nouvelle-France se limitait à environ 100 personnes. Les compagnies, dont la Compagnie des Cent-Associés, ne respectaient pas leurs engagements. L'administration de la colonie par la métropole ne stimulait pas suffisamment l'arrivée de nouveaux colons. Cette réalité a engendré la mise en place du gouvernement royal.

Par ailleurs, outre les politiques plus marchandes que colonisatrices, les Français étaient peu enclins à s'installer en Nouvelle-France. Ceux qui quittaient la France souhaitaient améliorer leur sort, trouver un travail et habiter dans un milieu plus agréable et le climat rigoureux de la Nouvelle-France n'était pas attirant pour eux. De plus, le besoin de main-d'oeuvre est restreint, comparativement à la main-d'oeuvre nécessaire dans les autres colonies françaises. Par conséquent, les colons choisissaient les autres colonies plus rentables et où le climat était plus agréable. Les colons craignaient aussi les peuples amérindiens.

Le territoire de la Nouvelle-France était immense. La traite des fourrures encourageait l'expansion territoriale puisque les coureurs des bois exploraient toujours plus loin et repoussaient les limites du territoire de la colonie. Malgré les efforts des administrateurs qui souhaitaient concentrer la population près des rives du Saint-Laurent, la population était insuffisante pour couvrir cet immense territoire.

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