Histoire h1186

La crise économique et ses conséquences au Québec

À la veille du krach boursier de 1929, le Québec se porte bien. La dette québécoise est beaucoup moins élevée que dans les autres provinces. Toutefois, la crise va tout de même avoir des conséquences sur la belle province aux niveaux économique, social et politique.

L'économie

Le taux de chômage va augmenter rapidement au Québec dans les années 1930. En 1929, il est de 7,7% alors qu'il va atteindre 14% en 1930, 19,3% en 1931 et 26,4% en 1932. Entre 1929 et 1933, le revenu moyen par habitant du Québec diminue d'environ 44%. Des sommes importantes sont investies par les deux paliers de gouvernement (fédéral et provincial) pour amortir les effets de la crise. L'argent sert à aider directement les chômeurs ou encore à créer de l'emploi, entre autres par des travaux publics.

Secours direct, retour à la terre et coopération

Aussi, on crée en 1931 la loi de l'aide aux chômeurs. C'est ainsi que nait le terme de secours direct. La situation est délicate et la gravité est historique. En 1935, le gouvernement québécois de Louis-Alexandre Taschereau propose une solution jugée efficace et permanente : la colonisation des régions et le retour à la terre.


Louis-Alexandre Taschereau, premier ministre québécois de 1920 à 1936 (cliquer pour agrandir)
Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Jusqu'en 1946, plus de 12 000 terres sont consacrées à la colonisation. La majorité d'entre elles sont situées dans la région de l'Abitibi-Témiscamingue. Toutefois, la colonisation n'a pas les effets escomptés : plusieurs personnes se découragent, ne connaissant pas vraiment le domaine de l'agriculture. Ils quittent alors leur terre après quelques années.

Un autre projet élaboré durant la crise pour en limiter les effets est la coopération. Des coopératives sont mises sur pied dans plusieurs domaines (agriculture, finances, pêche). Au niveau financier, le mouvement des coopératives d'épargne et de crédit réussit et plus de 300 caisses populaires sont fondées dans les années 1930. L'initiateur de ce mouvement est un fonctionnaire fédéral, Alphonse Desjardins.

La population commence à douter de la compétence des politiciens pour résoudre la crise. Ce sentiment est bien représenté dans une chanson de Marie Traverse, connue sous le nom de La Bolduc, intitulée Ça va venir découragez-vous pas.


Marie Travers, mieux connue sous le nom de La Bolduc (cliquer pour agrandir)
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La politique

Au niveau politique, la crise est en partie responsable de la création du parti de l'Union nationale en 1935. Ce parti, nationaliste et conservateur, est le résultat d'une fusion de deux partis politiques, l'Action libérale nationale et le Parti conservateur provincial. En 1936, L'Union nationale gagne les élections provinciales.


Maurice Duplessis (cliquer pour agrandir)
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Son chef, Maurice Duplessis, devient premier ministre et son gouvernement adopte plusieurs mesures en lien avec la sécurité sociale:

  • Loi des pensions de vieillesse (1936);
  • L'assistance aux mères nécessiteuses (1937);
  • Loi relative aux salaires des ouvriers (1937).

La crise économique et la situation difficile permettent à plusieurs acteurs politiques de courtiser les électeurs. C'est le cas notamment du Parti communiste du Canada et du parti d'Adrien Arcand. Ce dernier s'inspire des partis fascistes européens.


Adrien Arcand (cliquer pour agrandir)
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La fin de la crise

Un événement majeur va permettre de sortir de la Grande Dépression des années 1930. Avec le début des hostilités en Europe et le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, la demande en ressources de toute sorte et la demande de main-d'oeuvre va augmenter rapidement, ce qui va contribuer à remettre l'économie sur pied.

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