Histoire h1192

La Révolution tranquille : rayonnement du Québec à l'étranger

Rayonnement international du Québec

La Révolution tranquille est principalement marquée par des changements sociaux importants pour le Québec : éducation, politique, nationalisme, intervention de l'État, etc.

Au même moment, le Québec souhaite prendre une place plus importante sur le plan international. Les politiciens veulent que le gouvernement québécois détienne plus de pouvoir dans ses relations avec les autres gouvernements.

La population s'ouvre aussi au monde et apprend à connaître d'autres cultures, surtout grâce aux évènements majeurs tenus à Montréal : l'Expo 67 et les Jeux olympiques. Grâce à ces évènements, à l'émergence de la culture et des artistes québécois et grâce aux grands projets du Québec (dont le projet hydroélectrique de la Baie-James), le Québec a acquis une bonne réputation dans les pays étrangers. On reconnaissait l'expertise technique et la capacité des Québécois à organiser des évènements importants.

L'État québécois et les relations internationales

Les relations internationales pour le gouvernement québécois commencent en 1961 avec l'ouverture de la première délégation générale à Paris. Le gouvernement envoie alors un représentant en France pour défendre les intérêts du Québec et faire la promotion de la culture.

La même année, le gouvernement crée le ministère des Relations fédérales-provinciales du Québec. Durant les années qui vont suivre, le Québec crée des délégations générales ailleurs dans le monde (Londres en 1963, Milan en 1965) ou des bureaux (Chicago, Boston, Lafayette, Los Angeles, Dallas (1969), Düsseldorf (1970). De plus, les ministres et les premiers ministres effectuent des missions diplomatiques à l'étranger.

Le gouvernement québécois prend aussi des ententes avec les gouvernements étrangers : coopération avec la Belgique (1963) et programmes d'échanges étudiants avec la France (1965). Le Québec participe aussi aux programmes de coopération pour l'éducation dans les pays en développement.

En 1965, Paul Gérin-Lajoie prononce un discours à Montréal dans lequel il marque la volonté du Québec de s'affirmer sur la scène internationale. Le ministre souhaite prolonger l'influence internationale du gouvernement québécois dans les domaines liés aux compétences provinciales. Les idées de ce discours, surnommé la Doctrine Gérin-Lajoie, sont appuyées et appliquées par tous les gouvernements qui lui ont succédé. Comme la Constitution n'est pas très précise au sujet des relations internationales des gouvernements provinciaux, ces derniers peuvent alors intervenir à l'étranger s'ils se limitent à leurs compétences.


Paul Gérin-Lajoie
Source

Le gouvernement fédéral n'accueille pas favorablement les initiatives québécoises, surtout lorsque Pierre Elliott Trudeau est premier ministre. Selon lui, les actions du gouvernement provincial à l'étranger peuvent entraver les relations du Canada.

En 1967, le gouvernement québécois crée un nouveau ministère : le ministère des Affaires intergouvernementales. Ce dernier remplace le ministère des Affaires fédérales-provinciales. Le nouveau nom offre ainsi au Québec l'occasion de contrôler davantage les relations internationales. Le gouvernement souhaite ainsi augmenter le réseau de contacts dans les pays étrangers et organiser de manière plus cohérente ses actions internationales

Le ministère des Affaires intergouvernementales pourra augmenter l'influence de l'État québécois à l'étranger, faire la promotion de l'identité et de la culture du Québec et stimuler l'économie du Québec.

En développant des moyens d'action à l'étranger, le Québec défend son identité et son pouvoir politique, devenant ainsi l'un des seuls états non indépendants à posséder des institutions officielles et reconnues en matière de relations internationales. Ces institutions permettent au Québec de prendre plus facilement sa place dans un continent majoritairement anglophone (gouvernement fédéral, autres provinces, États-Unis). Le gouvernement provincial a ainsi le pouvoir d'établir sa propre politique étrangère, même si ce pouvoir demeure limité par la Constitution canadienne, qui n'inclut pas le partage des pouvoirs en matière de relations internationales, à la condition que les décisions respectent la politique étrangère canadienne.

Le Québec et la France

Au cours des années 1960, le Québec va développer des liens étroits avec le gouvernement français. Comme les deux nations partagent la même langue, il est plus facile de créer des alliances politiques.

Les travaux issus de la Révolution tranquille créent un important besoin de main-d'oeuvre qualifiée au Québec. Le gouvernement du Québec crée donc des alliances avec la France pour attirer des professionnels compétents dans les domaines de l'éducation, de la culture et de la science.

Au même moment, le Québec souhaite faire la promotion de la culture et de l'économie du Québec. Les relations avec la France sont favorisées par l'appui de Charles de Gaulle, qui reconnaît immédiatement le statut diplomatique de la Délégation du Québec à Paris.

Dès 1965, la France et le Québec signent des ententes de coopération par rapport à l'éducation et à la culture. À l'époque, le gouvernement fédéral s'est interposé afin de conclure une entente avec la France avant le Québec, afin de reconnaître l'entente France-Québec.

Le premier ministre Daniel Johnson est invité à Paris en 1967 et le général Charles de Gaulle visite Montréal en 1967 lors de l'exposition universelle. C'est au cours de cette visite qu'il prononce son célèbre discours durant lequel il proclame : "Vive le Québec libre", qui influence le nationalisme québécois.


Charles de Gaulle, à l'Hôtel de Ville de Montréal en 1967

Dès lors, le gouvernement fédéral juge que la France et Charles de Gaulle s'immiscent dans la politique interne et nuisent à l'unité canadienne. Pourtant les rapports entre la France et le Québec sont très étroits tout au long de la présidence de De Gaulle. De plus, les deux nations s'entraident dans les recherches scientifiques, les télécommunications, la mise en valeur du territoire, l'administration et l'édition.

Le Québec et la francophonie

En septembre 1961, les universités francophones du Québec sont membres de l'Association des universités partiellement ou entièrement de langue française (AUPELF). Au mois d'octobre, le ministre Paul Gérin-Lajoie manifeste son intention de créer une communauté culturelle des peuples de langue française. Les liens étroits entre la France et le Québec favorisent une reconnaissance internationale du Québec. Chaque fois, la France appuie le Québec. En 1968, le Québec participe à une rencontre des différents ministres de l'éducation francophones au Gabon. Par la suite, le Québec est invité à participer à différentes conférences ou rencontres internationales.

En 1970, le Québec siège au sein de l'Agence de coopération culturelle et technique des pays entièrement ou partiellement francophones. Le gouvernement fédéral s'est opposé à la présence du Québec jusqu'à ce que le Canada soit aussi membre de l'agence. Depuis 1973, le Québec est membre à part entière d'organisations internationales francophones. D'ailleurs en 1974, la ville de Québec accueillait la Superfrancofête (festival international de la jeunesse francophone). Des artistes de tous les pays francophones étaient présents.


Délégations francophones à la Superfrancofête


L'un des derniers spectacles était offert par Robert Charlebois, Gilles Vigneault et Félix Leclerc, devant une foule de 10 000 personnes.

À la fin des années 1970, lors de la création du Sommet des pays francophones, Trudeau veut y participer et exclure le gouvernement québécois. Toutefois, la France exige la présence du Québec au sommet. Les discussions perdurent jusqu'en 1986. Depuis, le gouvernement québécois siège au Sommet de la francophonie, qui a lieu tous les deux ans.


Les participants du premier Sommet de la francophonie en 1986, dont Robert Bourassa et Brian Mulroney

Des évènements internationaux en sol québécois

L'Expo 67

En 1962, Montréal est officiellement choisie pour accueillir l'exposition universelle de 1967. Au départ, l'exposition devait avoir lieu en URSS, mais ce pays a changé d'idée, laissant l'opportunité à Montréal d'organiser l'évènement. L'été 1967 marque également le centenaire de la Confédération canadienne.


Montréal en 1960. Gabor Szilasi (cliquer pour agrandir)
Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Dès 1962, la Compagnie canadienne de l'exposition universelle de 1967 est mise sur pied. Son mandat est de construire le site et les lieux d'exposition et d'organiser tous les aspects de l'évènement. Les gouvernements fédéral et provincial ainsi que la Ville de Montréal participent aussi à l'organisation. À la fin de 1966, les fonds sont amassés et la construction peut commencer. Au début, plusieurs sceptiques ne croient pas au succès de l'exposition à cause des coûts et des préparatifs. Ils craignent aussi que peu d'exposants participent. L'engouement face à Expo 67 grimpe lors des préparatifs et tous les journaux confirment le succès durant l'été.


Le site de l'exposition en construction (cliquer pour agrandir)
Source

Le thème de l'exposition, Terre des hommes (inspiré du titre d'un roman d'Antoine de Saint-Exupéry), est choisi en 1963. Cinq grandes thématiques organisent les expositions : l'Homme et son génie créateur, l'Homme et l'Univers, l'Homme à l'oeuvre, l'Homme et l'agriculture et l'Homme dans la Cité.


Le logo de l'Expo et de Terre des Hommes
Source

L'exposition fait découvrir le Québec au monde et fait découvrir le monde au Québécois. Durant les 6 mois de l'exposition, 50 millions de visiteurs ont franchi les portes du site, faisant d'Expo 67 l'exposition universelle la plus visitée.


Foule devant le Pavillon du Québec (cliquer pour agrandir)
Source

45% des visiteurs proviennent des États-Unis, 27% de Montréal, les autres viennent d'ailleurs au Canada (24%) ou des autres pays (4%). Durant les 183 jours de l'exposition, en moyenne 271 900 personnes entraient sur le site chaque jour. En plus des visiteurs, le site accueille des dignitaires, des journalistes et des employés. Plusieurs personnalités publiques visitent le site, dont la reine Élisabeth II, Charles de Gaulle, Grace Kelly et Jackie Kennedy.


La Reine dans le Minirail lors de sa visite de l'Expo (cliquer pour agrandir)
Source

Les coûts de l'exposition sont estimés à 283 millions, mais les retombées économiques sont beaucoup plus importantes et sont estimées à 480 millions. L'industrie touristique montréalaise a grandement profité de l'affluence de l'Expo 67.

Les pavillons et le contenu de l'exposition

Sur le site, les gens peuvent visiter 90 pavillons (thématiques ou nationaux) dans lesquels ils peuvent découvrir des films, des oeuvres d'art, des produits culturels. Dans les pavillons nationaux, les visiteurs sont inités à la culture et à l'alimentation d'un pays. L'exposition couvre toutes les activités humaines de l'époque et sert à présenter les nouveautés dans différents domaines: transport, arts, cinéma, aérospatiale, etc.


L'intérieur du pavillon de l'URSS (cliquer pour agrandir)
Source

Pour la conception des pavillons, les organisateurs et les nations participantes font appel aux plus grands architectes du monde. Ces derniers en profitent pour concevoir des pavillons originaux et novateurs, tant par les matériaux que par la forme extérieure et l'aménagement intérieur. La plupart des pavillons ne sont pas isolés puisqu'ils sont conçus uniquement pour la saison estivale.

À l'intérieur, les hôtesses présentent aux visiteurs des biens, des articles, des machines, l'histoire du pays ou de la région, des écrans de cinéma. Outre les pavillons nationaux, des groupes sont aussi présents, dont les Nations Unies et la Jeunesse. Des artistes de partout sont invités et sélectionnés par les exposants. Certains sont alors des artistes prestigieux et reconnus dans leur domaine : théâtre, opéra, musique et cinéma. Les représentations ont lieu dans la toute nouvelle Place des Arts. Des compétitions sportives sont aussi organisées au cours de l'été: soccer, athlétisme, crosse, rodéo, etc.


Vue d'ensemble de quelques pavillons (cliquer pour agrandir)
Source

Au total, 120 gouvernements de pays sont présents et regroupés dans les 60 pavillons nationaux. Des milliers d'exposants sont regroupés dans les 53 pavillons commerciaux. Autour des pavillons, les lieux sont aménagés par les exposants. Parfois, des animaux sont prévus, dont les koalas et le wallaby au pavillon australien, les singes et les lions. D'autres activités font découvrir le monde animal aux visiteurs : l'Aquarium avec son cirque marin avec des dauphins et le Safari avec ses éléphants et ses autruches.


Le cirque marin
Source

La Ronde

Ouverte pour l'Expo 67, la Ronde présentait diverses attractions et manèges aux gens. Parmi les manèges en place à l'été 1967, on en retrouve quelques-uns qui sont encore en fonction à la Ronde : la Pitoune, la Spirale, le Minirail, le Galopant (le carrousel) et quelques manèges pour les tout-petits. Outre les manèges, les visiteurs trouvent aussi un village western (Fort Edmonton) et un village canadien.


La Ronde en 1967 (cliquer pour agrandir)
Source

Le site et les moyens de transport

Après quelques hésitations, le site de l'exposition est choisi : l'exposition a lieu à la Cité du Havre et sur l'île Sainte-Hélène. L'île est agrandie et les organisateurs créent une toute nouvelle île à côté : l'île Notre-Dame. La construction a lieu entre 1963 et 1967. Au même moment, Montréal construit son réseau de métro. La terre issue des futurs tunnels est utilisée pour créer le site de l'Expo.


L'aménagement du site a impliqué l'agrandissement de l'île Sainte-Hélène et la création de l'île Notre-Dame (cliquer pour agrandir)
Source

Outre l'aménagement du site, les travaux impliquent aussi la construction de routes (87 kilomètres) et la construction de ponts (27). Plusieurs nouveaux moyens de transport sont mis en valeur dans l'exposition. Les organisateurs veulent faire découvrir les moyens de transport du futur et les nouvelles technologies aux visiteurs. Expo 67 est d'ailleurs le siège du premier congrès international de recherche sur les transports.


Inauguration officielle du métro de Montréal (cliquer pour agrandir)
Source

L'accès au site est facilité par l'inauguration officielle en 1966 du métro de Montréal, dont l'une des stations dessert l'île Sainte-Hélène. Devant l'affluence plus importante, de nombreux circuits d'autobus sont créés au cours de l'été, en plus des places de stationnement prévues sur les îles. Les plus aventureux peuvent aussi se rendre sur le site en hélicoptère ou en bateau à partir de la Cité du Havre.


L'Expo-Bus devant Habitat 67 (cliquer pour agrandir)
Source

On construit aussi une petite ligne de chemin de fer pour relier les différents attraits. L'Expo express parcourt 5,75 kilomètres, liant la Cité du Havre, l'île Notre-Dame, les lieux d'exposition sur l'île Sainte-Hélène et l'entrée de la Ronde. L'Expo express est en fait un métro extérieur (le premier métro automatisé en Amérique).


L'Expo-Express (cliquer pour agrandir)
Source

D'autres moyens de transport permettaient aux gens de découvrir tous les lieux intéressants:

  • le Minirail relie le site de la Ronde, l'île Sainte-Hélène et plusieurs endroits sur l'île Notre-Dame. Plus lent que l'Expo express, le Minirail permet de contempler les lieux;


cliquer pour agrandir
Source

  • le téléphérique relie le village canadien et le centre des manèges de la Ronde;


cliquer pour agrandir
Source

  • le vaporetto et les gondoles font découvrir les canaux de l'île Notre-Dame;
  • sur le plan d'eau de l'île Notre-Dame, les visiteurs peuvent essayer un aéroglisseur;
  • des étudiants offrent des services de bicyclettes taxis sur le site.


cliquer pour agrandir
Source



Carte du site et des différents moyens de transport (cliquer pour agrandir)
Source

Conséquences et impacts de l'Expo

En prévision de l'arrivée de milliers de visiteurs, la ville entreprend d'améliorer l'accès routier de Montréal. C'est en prévision de l'Expo que les travaux sur l'autoroute Décarie et le pont-tunnel Louis-Hippolyte Lafontaine ont été amorcés et exécutés à temps pour l'Expo. Montréal devait également améliorer son offre touristique. C'est ainsi que la Place Bonaventure, la Plaza Alexis Nihon et le Château Champlain ont vu le jour.

Outre les infrastructures, des milliers de touristes ont découvert Montréal et le Québec lors de l'exposition, permettant au Québec d'attirer plus de touristes lors des étés suivants. Au sein de la population montréalaise, l'exposition a fait naître un grand sentiment de fierté et une nouvelle ouverture sur le monde. Un an après l'exposition, une équipe professionnelle de baseball voit le jour à Montréal. On choisit d'appeler cette équipe les Expos de Montréal puisque le mot est encore fortement associé à Montréal.

Le site de l'Expo est devenu le lieu d'une exposition permanente nommé Terre des Hommes en l'honneur du thème d'Expo 67. L'été 1968, 20 millions de personnes ont visité Terre des Hommes, découvrant de nouvelles expositions et des nouvelles thématiques. Terre des Hommes a pris fin en 1981 à cause du manque de popularité. Plusieurs pavillons sont conservés.

En 1976, l'île Notre-Dame a accueilli quelques compétitions pour les Jeux Olympliques. En 1980, les îles ont accueilli le festival international des Floralies. Depuis, les îles sont garnies de jardins aménagés chaque année.

Aujourd'hui, le site est devenu un parc-nature. Le parc Jean-Drapeau, nommé en l'honneur du maire de Montréal ayant défendu la tenue de l'exposition et la modernisation de Montréal. Outre le parc, le site de l'Expo est encore occupé par le parc d'attractions La Ronde, le Casino de Montréal (qui occupe les anciens pavillons de la France et du Québec) et la Biosphère (dans l'ancien pavillon des États-Unis). Plusieurs sculptures datant de l'Expo ornent encore le site. L'île Notre-Dame héberge également une plage publique et  le circuit Gilles-Villeneuve.

Les Jeux olympiques

Du 17 juillet au 1er août 1976, la ville de Montréal accueille un nouvel évènement d'envergure internationale : les Jeux olympiques. Comme l'Expo, l'évènement confère à Montréal une solide réputation à l'étranger pour l'organisation d'évènements majeurs. De plus, le sport québécois profite d'une nouvelle popularité et de la construction de plusieurs installations de bonne qualité.

Pour mieux préparer l'évènement, le Comité organisateur des Jeux olympiques (COJO) est mis sur pied. En 1975, la Régie des installations olympiques (RIO) est créée.

Le 28 avril 1973, les travaux débutent au Parc olympique qui comprend le stade, le centre de natation et le vélodrome. Le Parc olympique est conçu par l'architecte français Roger Taillibert. Durant les jeux, le stade n'a pas encore sa tour inclinée qui est terminée en 1987. Situé à côté du stade, le village olympique accueille les athlètes.


Le Stade olympique lors de sa construction
Source

Montréal apprend qu'elle accueillera la 21e olympiade le 12 mai 1970. La ville a été sélectionnée en partie grâce à la détermination et la motivation du maire Jean Drapeau. Montréal devient ainsi la première ville canadienne à accueillir les Jeux olympiques et la quatrième en Amérique du Nord. Pour accueillir les athlètes et les spectateurs, Montréal profite des installations de l'Expo : métro, routes, transport en commun, hôtellerie et restauration. Le métro est d'ailleurs prolongé pour desservir les lieux de compétition et le Parc olympique. La préparation des jeux est affectée par de nombreux retards, grèves et hausse des coûts.


Évolution du métro de Montréal, dont les ajouts pour les Jeux (cliquer pour agrandir)
Source

Au total, 92 nations participent aux compétitions et 6 084 athlètes arrivent à Montréal (1260 femmes et 4824 hommes). Les premières compétitions féminines aux Olympiques en basketball, aviron et handball ont lieu à Montréal. Le Canada présente 414 athlètes. 21 sports sont en compétition officielle et 198 épreuves ont lieu, réparties dans 27 endroits différents. Les jeux sont boycottés par des pays africains et Taiwan.


Les athlètes restent au Village olympique
Source

Parmi les évènements marquants des jeux, on retient la performance de la gymnaste roumaine Nadia Comaneci. Âgée de 14 ans, elle attire la sympathie du public québécois et réussit, pour la première fois dans l'histoire olympique, à obtenir une note parfaite. Durant toute la durée des jeux, le Canada a obtenu 11 médailles, dont 8 en natation, se situant ainsi au 13e rang.

La plupart des compétitions ont lieu dans un rayon de 10 kilomètres autour du Parc olympique, mais certaines compétitions se déroulent à l'extérieur de Montréal. Autour du Parc olympique, on utilise des installations déjà existantes, dont le Centre Pierre-Charbonneau, l'aréna Maurice Richard et le Jardin botanique. L'école Marguerite de LaJemmerais est également utilisée. Parmi les autres emplacements existants dont la ville profite, on trouve l'aréna Saint-Michel, le Centre Paul-Sauvé, le Forum, le Stade de l'Université de Montréal et le Stade Percival Molson de l'Université McGill.

Outre le Parc olympique, on construit de nouvelles installations, qui servent à la fois de lieux de compétition et de lieux d'entraînement : le Bassin olympique sur l'île Notre-Dame pour l'aviron et le canoë-kayak, le centre Claude-Robillard et le centre Étienne-Desmarteau. À l'extérieur de Montréal, des compétitions ont lieu à l'Acadie (tir), Joliette (tir à l'arc), Bromont (équitation), Québec (handball), Sherbrooke, Kingston (voile), Toronto (football), et Ottawa. Les compétitions ont attiré un total de 3 millions de spectateurs. La cérémonie d'ouverture a eu lieu devant 73 000 personnes, dont la reine Élisabeth II. Les retombées économiques et touristiques ont été importantes pour la ville.


La cérémonie d'ouverture
Source

En plus de permettre à Montréal de se doter d'installations olympiques modernes, les Jeux ont permis à la population de découvrir de nouvelles disciplines et de développer un nouvel attrait pour le sport. Partout au Québec et au Canada, de nouveaux organismes sportifs ont vu le jour et les gouvernements ont appuyé l'essor d'une élite sportive. Le pays accueillait également d'autres évènements sportifs d'envergure. Pour encourager les jeunes athlètes montréalais, la ville crée, dès 1978, les Jeux de Montréal. Les Jeux olympiques de Montréal ont également permis aux Canadiens de jouir d'une plus grande notoriété comme athlètes ou comme officiels.

Les vidéos
Les exercices
Les références