Histoire h1193

Le Québec des années 1970

Le premier mandat du gouvernement de Robert Bourassa (1970-1976)

Le premier mandat de Robert Bourassa dure de 1970 à 1976. Au cours de ces années, le plus jeune premier ministre de l'histoire du Québec est confronté à plusieurs problématiques, comme la crise d'octobre de 1970 et la crise du pétrole de 1973.


Robert Bourassa (cliquer pour agrandir)
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Jules Rochon, 1970

La crise d'octobre 1970

Durant le mandat de Bourassa, il y a une radicalisation du côté de certains groupes en faveur de l'indépendance du Québec. Depuis sa création en 1963, le FLQ (Front de libération du Québec) milite pour l'indépendance totale du Québec. L'organisation va même jusqu'à utiliser des moyens violents pour se faire entendre (destruction de statues de personnages historiques anglais, pose de bombes dans des quartiers majoritairement anglophones, etc.). À l'automne 1970, elle multiplie ses actions et organise l'enlèvement de Pierre Laporte, ministre québécois des Transports. Ce contexte extraordinaire pousse Robert Bourassa à demander l'aide du gouvernement fédéral, qui envoie des troupes de l'armée canadienne au Québec. L'armée occupe la ville de Montréal. La loi des mesures de guerre est décrétée par le gouvernement provincial. Cette loi donne plus de pouvoir aux autorités, qui peuvent confisquer des biens et arrêter toute personne suspectée d'être reliée au FLQ.

Front de libération du Québec (FLQ) et crise d'octobre (1970)

La crise pétrolière de 1973 et le «projet du siècle»

L'économie canadienne se retrouve en difficulté alors que le prix du pétrole grimpe considérablement (le prix du baril quadruple entre octobre 1973 et février 1974). Comme le pétrole est essentiel à la production et au transport de l'ensemble des biens, l'augmentation de son prix entraîne des répercussions partout au pays : les prix des biens de consommation augmentent, tout comme le taux de chômage. Pour améliorer la situation, le gouvernement Bourassa souhaite créer des emplois en mettant sur pied d'importants projets de construction, comme le "projet du siècle", un immense projet de construction de barrages hydroélectriques en Jamésie, sur la rivière La Grande, en 1971. Ce méga projet est bien accueilli, sauf pour ce qui est des Autochtones, qui n'ont pas été consultés.

Craignant les impacts sur l'environnement de leur région, les Inuits et les Cris tentent de bloquer les travaux en allant devant les tribunaux, pour poursuivre le gouvernement du Québec. En fin de compte, les travaux cessent durant une semaine.

Toutefois, les actions des Autochtones mènent à la signature de la Convention de la baie James et du Nord québécois. Cet accord donne le feu vert à Québec pour continuer les travaux. Quelques années plus tard, les Naskapis du Québec signent une entente similaire avec le gouvernement.

La Jamésie : territoire énergétique

Enjeux sociaux

Le monde du travail

Le contexte économique difficile est la cause de conflits entre les travailleurs et leurs patrons. Les syndicats craignent la dégradation des conditions de travail et s'allient pour former un front commun, en 1972. Ce front commun est composé de trois centrales syndicales, qui ensemble, représentent la majorité des travailleurs du Québec : la CEQ (Corporation de l'enseignement du Québec), la FTQ (Fédération des travailleurs du Québec) et la CSN (Confédération des syndicats nationaux).


Louis Laberge donnant un discours lors d'un congrès de la FTQ (cliquer pour agrandir)
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Gilles Langevin, 1971

Cette année-là, plus de 200 000 travailleurs des secteurs public et parapublic optent pour une grève illimitée.

Le secteur public concerne les différents ministères du gouvernement (finances, environnement, transports, immigration, etc.).

Le secteur parapublic regroupe des organismes ou entreprises qui sont contrôlés par l'État tout en ayant une certaine autonomie (ex. : Hydro-Québec, les universités, etc.)

Le gouvernement libéral de Robert Bourassa met sur pied plusieurs réformes sociales, dont l'assurance-maladie ainsi qu'un réseau de services médicaux, les CLSC (centres locaux de services communautaires).


Le CLSC Hochelaga-Maisonneuve à Montréal (cliquer pour agrandir)
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Claude Gosselin, 1975

Le gouvernement suivant, du Parti québécois, continue dans le même sens, en créant les congés de maternité et en rendant gratuits les médicaments pour les personnes âgées. René Lévesque et son gouvernement sont également responsables de la Régie de l'assurance automobile du Québec (1978) et de plusieurs lois sur la santé et la sécurité en milieu de travail.

Le français : langue officielle du Québec

L'arrivée d'immigrants au Québec inquiète plusieurs francophones qui craignent un recul du français au profit de l'anglais. Le gouvernement Bourassa vote en 1974 la Loi sur la langue officielle. Le français est désormais reconnu comme la langue officielle du Québec. Par conséquent, les enfants d'immigrants doivent aller à l'école en français.

Quelques années plus tard, la Charte de la langue française, ou loi 101, est adoptée. Les lois relatives au français créent des tensions entre francophones et anglophones.

La loi 101

Le féminisme

Les revendications féministes des années 1970 concernent l'égalité salariale, les congés de maternité et la création de garderies. En 1978, il devient interdit de congédier une femme parce qu'elle est enceinte. La même année, les congés de maternité sont créés.

Il existe des féministes plus radicales, qui remettent en cause les fondements de la société. C'est le cas notamment du Front de libération des femmes, un groupe s'inspirant du communisme.

Les élections de 1976 : le PQ prend le pouvoir

René Lévesque est élu lors des élections de 1976, ayant fait la promesse de tenir un référendum sur la souveraineté. Peu de temps après, le Parti québécois fixe la tenue du référendum à l'année 1980.


René Lévesque (cliquer pour agrandir)
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Gilles Langevin, 1977

La question nationale et les référendums sur la souveraineté (1980 et 1995)

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Les exercices
Les références