Bonjour ! :)
C'est une très bonne question !
C'est vrai que ça ressemble à la
litote, qui consiste à dire le contraire d'une chose afin d'évoquer quelque chose de plus fort.
ex : Il n'est pas laid (il est beau).
ex2: «si je la haïssais, je ne la fuirais pas.» - Racine (je la fuis parce que je l'aime).
La première occurrence écrite était dans un sketch de Gratien Gélinas (le départ du conscrit) : « [...] je suis heureux à soir, mam'zelle, c'est écœurant ! ». Par la suite, le terme a été repris dans le langage populaire et est utilisée même dans les journaux :
« Les vainqueurs [...] ont très bien patiné et ils ont présenté un programme écœurant » (La Tribune, 18 janvier 2008, p. 28)
« L'autre soir, je suis allé voir James Taylor au Centre Bell. Une belle soirée, un show écœurant » (Propos de Michel Rivard dans La Voix de l'Est, 19 juillet 2008, p. 37).
** Ces notions d'histoire linguistique et ces exemples ont été tirés d'un article trouvé sur Érudit : Bovet, L. (2009). C’est écoeurant comme c’est bon! Québec français, (154), 158–160.
Au Québec, puisque le mot est réellement ancré dans notre vocabulaire, je dirais qu'il ne s'agit pas d'une litote, mais d'une particularité linguistique. On pourrait dire par contre qu'elle relève de l'
antiphrase (ironie). C'est d'ailleurs ce qui est écrit dans le dictionnaire Usito de l'Université de Sherbrooke:
https://usito.usherbrooke.ca/d%C3%A9finitions/%C3%A9coeurantPssst : «écœurer quelqu'un» peut signifier «l'embêter» au Québec, alors que ce n'est pas le cas dans le reste de la francophonie ;)
J'espère que cela répond à ta question ! :D
Reviens nous voir avec d'autres questions intéressantes comme celle-ci ! :)
Sarah G