La
métaphore, du
latin metaphora, lui-même du
grec μεταφορά (metaphorá, au sens propre, transport), est une
figure de style fondée sur l'
analogie. Elle désigne une chose par une autre qui lui ressemble ou partage avec elle une qualité essentielle
2. La métaphore est différente d'une
comparaison3 ; la comparaison affirme une similitude : « La lune ressemble à une faucille » ; tandis que la métaphore la laisse deviner, comme quand
Victor Hugo écrit « cette faucille d’or dans le champ des étoiles. » Le
contexte est nécessaire à la compréhension de la métaphore.
La métaphore s'emploie dans le langage quotidien avec l'emploi d'épithètes (« un cadeau royal »), aussi bien que dans le langage soutenu de la
littérature et particulièrement dans l'expression
poétique. L'invention de métaphores est une des attractions majeures de la création littéraire. Une métaphore courante est un
cliché ; si elle est entièrement passée dans le langage (comme « à la tête » signifie « au poste d'autorité »), on peut la considérer comme une
catachrèse.
Le concept de métaphore est issu de la
rhétorique, qui en étudie la constitution, les types, l'usage. La
linguistique découvre dans la métaphore un aspect fondamental du langage. Les
sciences humaines la situent dans le contexte de la formation des
symboles. La
psychologie s'intéresse à travers la métaphore aux relations entre le langage, le
psychisme, les connaissances et les sentiments, la
sociologie à son importance dans la communication et aux conditions dans laquelle elle peut être comprise dans un groupe humain.
La
comparaison, mot provenant du latin
comparatio désignant l'« action d'accoupler », est une
figure de style consistant en une mise en relation, à l'aide d'un mot de comparaison appelé le « comparatif », de deux réalités appartenant à deux
champs sémantiques différents mais partageant des points de similitudes. La comparaison est l'une des plus célèbres figures de style. Elle ne doit pas être confondue avec la
comparaison grammaticale.
Ce
vers de
Charles Baudelaire : « La musique souvent me prend comme une mer ! » (
La Musique,
Les Fleurs du mal, 1840) constitue une comparaison, dans laquelle la musique et la mer sont dans un rapport d'
analogie, au moyen du comparatif « comme ». Les deux réalités sont appelées le « comparant » (dans cet exemple : la mer) et le « comparé » (la musique) et elles partagent en effet au moins un
sème : l'ondulation est ici le point commun entre la mer et la musique et toutes deux « bercent » le poète.
La comparaison est une figure très courante en
littérature, en
poésie ou encore au
théâtre. Contrairement à la
métaphore, elle exprime directement et explicitement le lien symbolique entre les deux réalités comparées, en utilisant un terme de comparaison, élément qui permet de la distinguer de cette autre figure d'analogie avec laquelle elle est souvent confondue. Ressource privilégiée du langage poétique, très utilisée par
dérision ou
ironie, elle permet aussi de faire progresser l'
argumentation et de donner à voir des réalités difficiles à définir autrement qu'au moyen du langage figuré.
Figure au pouvoir
suggestif puissant, la comparaison rhétorique participe d’une reconfiguration possible du monde en faisant apercevoir les correspondances émanant de la subjectivité du
locuteur. Proche de la métaphore, elle « permet de défigurer momentanément, par l’entremise du comme, la réalité pour laisser entendre ses possibles au sein d’une petite fiction poétique
1. » Le
mouvement surréaliste l'utilise préférentiellement, pour rompre l'intelligibilité inhérente au langage.
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