Mon enfant est-il paresseux à l’école?

Chronique
Mise à jour : 29 mars 2023
Nadia Gagnier

Nadia Gagnier

Au-delà de l’émission Dre Nadia, psychologue à domicile (Canal Vie), qui lui a valu la confiance du public, Nadia Gagnier a un parcours qui permet à tous de lui faire confiance! Détentrice d’un doctorat en psychologie, elle a plus de vingt ans d’expérience clinique. Depuis plusieurs années, elle présente des conférences et des formations professionnelles. C’est toujours avec douceur, humour et rigueur scientifique qu’elle vulgarise la psychologie... pour le bien de tous !

Lorsqu’ils jettent un coup d’œil au bulletin de leur enfant, bien des parents disent à ce dernier : « L’important, ce ne sont pas tant les résultats et les notes, que l’effort ». 

Ce genre de commentaire est sain quand on souhaite que son enfant fasse de son mieux, sans vouloir lui imposer une pression de performance.

Cependant, lorsque l’on perçoit que notre enfant fournit de moins en moins d’efforts dans ses tâches scolaires, qu’il néglige ses travaux et qu’il démontre peu d’intérêt pour l’école, comment réagir?

Mon enfant est-il paresseux à l’école?

Avant de le traiter de paresseux ou de fainéant (coller des étiquettes ou lancer des insultes n’a jamais été prouvé comme étant une méthode éducative efficace!), il est important de comprendre que son attitude s’explique peut-être par d’autres causes que l’oisiveté ou la recherche délibérée de facilité. Avant de lui faire la morale, il peut être utile de réfléchir en se posant les quelques questions suivantes :

  • Est-ce que la diminution du rendement scolaire ou des efforts pourrait être causée par une détresse quelconque? 
    • Un élève ayant des symptômes anxieux ou dépressifs sera moins motivé à faire des efforts et sera moins disponible aux apprentissages. 
    • Dans le même ordre d’idées, une accumulation de stresseurs (ex. : conflits entre amis, tensions familiales, deuil, rupture amoureuse, séparation des parents…) peut affecter les apprentissages ou la motivation scolaire de l’enfant.
  • Est-ce que l’enfant se fixe des objectifs irréalistes? 
    • Si tel est le cas, une accumulation de déceptions a peut-être miné sa motivation scolaire.
  • Est-ce que l’école serait trop facile pour lui, le rythme d’enseignement trop lent pour sa rapidité d’apprentissage? 
    • Il arrive parfois qu’un élève ayant un haut potentiel (autrefois appelé douance) s’ennuie en classe, au point d’en perdre l’envie de faire des efforts et de performer sous son potentiel. Comme si le fait d’être sous-stimulé causait une perte de vigilance.
  • Est-ce que des améliorations pourraient être apportées à ses habitudes de vie
    • A-t-il suffisamment d’heures de sommeil?
    • Aurait-il une dépendance aux écrans qui l’amène à négliger les autres sphères de sa vie? 
    • A-t-il une alimentation équilibrée?
    • Souffrirait-il d’un problème de santé physique causant un manque d’énergie? 
    • Est-ce que ses journées comportent suffisamment de moments de plaisir, de loisirs, d’activités valorisantes?
  • Sommes-nous dans une période de l’année scolaire où la fatigue et le manque de motivation sont courants?
    • Si la semaine de relâche existe, c’est parce que, un peu partout dans le monde, de sages spécialistes de l’éducation ont remarqué un phénomène : vers la fin du mois de février, la plupart des élèves, des parents et des enseignants deviennent un peu vert pâle et ont besoin de vacances! Ainsi, en ce moment de l’année, un relâchement des efforts est souvent normal… pas souhaitable, mais normal. 

Vous questionner sur tous ces points demande du temps, certes. Mais cela peut vous aider à réfléchir au fonctionnement global de votre enfant et d’émettre des hypothèses plausibles pouvant expliquer son manque d’efforts. Cela vous préparera à ouvrir un dialogue avec lui en vous mettant en mode « curieux » et en vous montrant soucieux de sa santé physique et mentale, plutôt que de ne vous concentrer que sur son rendement scolaire en adoptant un ton accusateur qui pourrait l’amener à se replier sur lui-même.

Un manque d’effort scolaire, au-delà d’être un problème en soi, peut parfois être le symptôme ou les signes précurseurs d’un problème plus large qui mérite votre attention. Aussi, peut-être qu’il s’agit simplement d’une perte de motivation passagère et normale qui ne mène pas tout droit à  un abandon scolaire. 

Peu importe la raison qui se cache derrière son manque d’effort, la meilleure façon de le savoir est d’avoir une discussion franche avec lui en cultivant votre relation de confiance mutuelle. C’est cette relation de confiance qui vous permettra de le soutenir tout au long de son cheminement scolaire. 

Chose certaine, l’accuser de paresse ne fera que lui boucher les oreilles et le rendre plus hésitant à se confier à vous en cas de difficultés ou de détresse.