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Zone d’entraide

Question de l’élève

Secondaire 5 • 4a

Bon matin!

Est-ce que quelqu'un peut m'aider à trouver les figures de style ainsi que leur explication dans l'extrait de texte suivant :

L’homme était parti de Marchiennes vers deux heures. Il marchait d’un pas allongé, grelottant sous le coton aminci de sa veste et de son pantalon de velours. Un petit paquet, noué dans un mouchoir à carreaux, le gênait beaucoup ; et il le serrait contre ses flancs, tantôt d’un coude, tantôt de l’autre, pour glisser au fond de ses poches les deux mains à la fois, des mains gourdes que les lanières du vent d’est faisaient saigner. Une seule idée occupait sa tête vide d’ouvrier sans travail et sans gîte, l’espoir que le froid serait moins vif après le lever du jour. Depuis une heure, il avançait ainsi, lorsque, sur la gauche, à deux kilomètres de Montsou, il aperçut des feux rouges, trois brasiers brûlant au plein air, et comme suspendus. D’abord, il hésita, pris de crainte ; puis, il ne put résister au besoin douloureux de se chauffer un instant les mains.

Un chemin creux s’enfonçait. Tout disparut. L’homme avait à droite une palissade, quelque mur de grosses planches fermant une voie ferrée ; tandis qu’un talus d’herbe s’élevait à gauche, surmonté de pignons confus, d’une vision de village aux toitures basses et uniformes. Il fit environ deux cents pas. Brusquement, à un coude du chemin, les feux reparurent près de lui, sans qu’il comprît davantage comment ils brûlaient si haut dans le ciel mort, pareils à des lunes fumeuses. Mais, au ras du sol, un autre spectacle venait de l’arrêter. C’était une masse lourde, un tas écrasé de constructions, d’où se dressait la silhouette d’une cheminée d’usine ; de rares lueurs sortaient des fenêtres encrassées, cinq ou six lanternes tristes étaient pendues dehors, à des charpentes dont les bois noircis alignaient vaguement des profils de tréteaux gigantesques ; et, de cette apparition fantastique, noyée de nuit et de fumée, une seule voix montait, la respiration grosse et longue d’un échappement de vapeur, qu’on ne voyait point.

Alors, l’homme reconnut une fosse. Il fut repris de honte : à quoi bon ? il n’y aurait pas de travail. Au lieu de se diriger vers les bâtiments, il se risqua enfin à gravir le terril sur lequel brûlaient les trois feux de houille, dans des corbeilles de fonte, pour éclairer et réchauffer la besogne. Les ouvriers de la coupe à terre avaient dû travailler tard, on sortit encore les débris inutiles. Maintenant, il entendait les moulineurs pousser les trains sur les tréteaux, il distinguait des ombres vivantes culbutant les berlines, près de chaque feu.

— Bonjour, dit-il en s’approchant d’une des corbeilles.

Tournant le dos au brasier, le charretier était debout, un vieillard vêtu d’un tricot de laine violette, coiffé d’une casquette en poil de lapin ; pendant que son cheval, un gros cheval jaune, attendait, dans une immobilité de pierre, qu’on eût vidé les six berlines montées par lui.

Le manœuvre employé au culbuteur, un gaillard roux et efflanqué, ne se pressait guère, pesait sur le levier d’une main endormie. Et là-haut, le vent redoublait, une bise glaciale, dont les grandes haleines régulières passaient comme des coups de faux.

—Bonjour, répondit le vieux.

Un silence se fit. L’homme, qui se sentait regardé d’un œil méfiant, dit son nom tout de suite.

—Je me nomme Etienne Lantier, je suis machineur… Il n’y a pas de travail ici ?

Les flammes l’éclairaient, il devait avoir vingt et un ans, très brun, joli homme, l’air fort malgré ses membres menus.

Rassuré, le charretier hochait la tête.

—Du travail pour un machineur, non, non… Il s’en est encore présenté deux hier. Il n’y a rien.

Une rafale leur coupa la parole. Puis, Etienne demanda, en montrant le tas sombre des constructions, au pied du terril :

—C’est une fosse, n’est-ce pas ?

Le vieux, cette fois, ne put répondre. Un violent accès de toux l’étranglait. Enfin, il cracha, et son crachat, sur le sol empourpré, laissa une tache noire.

—Oui, une fosse, le Voreux… Moi, dit-il, je suis de Montsou, je m’appelle Bonnemort.

- C'est un surnom? demanda Étienne étonné.

Le vieux eut un ricanement d’aise, et montrant le Voreux :

—Oui, oui… On m’a retiré trois fois de là-dedans en morceaux, une fois avec tout le poil roussi, une autre avec de la terre jusque dans le gésier, la troisième avec le ventre gonflé d’eau comme une grenouille… Alors, quand ils ont vu que je ne voulais pas crever, ils m’ont appelé Bonnemort, pour rire.

Sa gaieté redoubla, un grincement de poulie mal graissée, qui finit par dégénérer en un accès terrible de toux. La corbeille de feu, maintenant, éclairait en plein sa grosse tête, aux cheveux blancs et rares, à la face plate, d’une pâleur livide, maculée de taches bleuâtres. Il était petit, le cou énorme, les mollets et les talons en dehors, avec de longs bras dont les mains carrées tombaient à ses genoux. Du reste, comme son cheval qui demeurait immobile sur les pieds, sans paraître souffrir du vent, il semblait en pierre, il n’avait l’air de se douter ni du froid ni des bourrasques sifflant à ses oreilles. Quand il eut toussé, la gorge arrachée par un raclement profond, il cracha au pied de la corbeille, et le terre noircit.

Etienne le regardait, regardait le sol qu’il tachait de la sorte.

—Il y a longtemps, reprit-il, que vous travaillez à la mine ?

Bonnemort ouvrit tout grand les deux bras

—Longtemps, ah ! oui !... Je n’avais pas huit ans, lorsque je suis descendu, tenez ! juste dans le Voreux, et j’en ai cinquante-huit, à cette heure. Calculez un peu… J’ai tout fait là-dedans, galibot, d’abord, puis herscheur, quand j’ai eu la force de rouler, puis haveur pendant dix-huit ans. Ensuite, à cause de mes sacrées jambes, ils m’ont mis de la coupe à terre, remblayeur, raccommodeur, jusqu’au moment où il leur a fallu me sortir du fond, parce que le médecin disait que j’allais y rester. Alors, il y a cinq années de cela, ils m’ont fait charretier… Hein ? c’est joli, cinquante ans de mine, dont quarante-cinq au fond !

Tandis qu’il parlait, des morceaux de houille enflammés, qui, par moments, tombaient de la corbeille, allumaient sa face blême d’un reflet sanglant.

—Ils me disent de me reposer, continua-t-il. Moi, je ne veux pas, ils me croient trop bête !... J’irai bien deux années, jusqu’à ma soixantaine, pour avoir la pension de cent quatre-vingts francs. Si je leur souhaitais le bonsoir aujourd’hui, ils m’accorderaient tout de suite celle de cent cinquante. Ils sont malins, les bougres !... D’ailleurs, je suis solide, à part les jambes. C’est, voyez-vous, l’eau qui m’est entrée sous la peau, à force d’être arrosé dans les tailles. Il y a des jours où je ne peux pas remuer une patte sans crier.

Une crise de toux l'interrompit encore.

- Et ça vous fait tousser aussi? dit Étienne.

Mais il répondit non de la tête, violemment. Puis quand il put parler:

- Non, non, je me suis enrhumé, l'autre mois. Jamais je ne toussais, à présent, je ne peux plus m'en débarrasser... Et le drôle, c'est que je crache, c'est que je crache...

Un raclement monta de sa gorge, il cracha noir.

- Est-ce que c'est du sang? demanda Étienne, osant enfin le questionner.

Lentement, Bonnemort s'essuyait la bouche d'un revers de la main.

C'est du charbon... J'en ai dans la carcasse de quoi me chauffer jusqu'à la fin de mes jours. Et voilà cinq ans que je ne me remets pas les pieds au fond. J'avais ça en magasin, paraît-il, sans même m'en doute. Bah! ça conserve!

Merci beaucoup!!!

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Explications (1)

  • Explication d'Alloprof

    Explication d'Alloprof

    Cette explication a été donnée par un membre de l'équipe d'Alloprof.

    Options
    Équipe Alloprof • 4a

    Bonjour Platine Chouette!

    Merci de faire appel à nos services 😉

    La Zone d'entraide fournit de l'aide aux élèves en répondant à leurs questions ainsi qu'en éclaircissant des notions incomprises. Alloprof encourage la compréhension et le travail par les élèves pour permettre une meilleure réflexion.

    Dans cette situation, je t'invite à consulter la fiche explicative suivante qui présente les différentes figures de styles ainsi que des exemples pour chacune:

    Après avoir fait l'exercice par toi-même, il nous fera plaisir de revenir avec toi sur tes interrogations plus précises!

    J'espère que cela t'aidera!

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