Les politiques d’assimilation et la Loi sur les Indiens

Fiche | Histoire

La commission Bagot recommande différentes actions dans le but d’assimiler les peuples autochtones. La Loi sur les Indiens de 1876 s’inspire fortement de ce rapport en forçant la sédentarisation des Premières Nations et en essayant de leur imposer la culture européenne. Cette loi est accompagnée de la signature de traités numérotés pour céder des terres au gouvernement.

La volonté d’assimiler les peuples autochtones

Les gouvernements veulent que les communautés autochtones abandonnent leur culture pour devenir anglophones et protestantes ou francophones et catholiques, selon la province dans laquelle elles se trouvent. Le gouvernement met alors en place divers moyens pour y arriver. 

Définition

L’assimilation désigne le fait, pour un groupe dominant, de chercher à intégrer un groupe ou une minorité dans sa population en lui enlevant son caractère distinctif (sa culture).

Les missions catholiques et protestantes

Au 19e siècle, les gouvernements et les Églises (protestante et catholique) travaillent ensemble pour poursuivre les missions d’évangélisation des Autochtones. Ces missions visent non seulement à implanter leur religion, mais aussi à changer le mode de vie des peuples autochtones. Le but était de les assimiler. 

Définition

L’évangélisation est l’enseignement des Évangiles, des rites et des valeurs chrétiennes à des non-chrétiens dans le but de les convertir au christianisme. 

Une des particularités des missions d’évangélisation de cette période est la concurrence qui existe entre l’Église catholique et les Églises protestantes. Chacun cherche à avoir le plus d’influence possible sur le territoire et cela passe par la conversion des populations autochtones au christianisme.

L’Église catholique confie à la communauté des Oblats la mission d’évangélisation dans les régions de la Mauricie, le Témiscamingue et le Saguenay, au Québec. Des missions sont aussi ouvertes dans le nord-ouest, près des forts de la Compagnie de la Baie d’Hudson.

Les missions protestantes sont principalement prises en charge par 3 Églises, soit les Églises anglicane, presbytérienne et méthodiste. Celles-ci implantent leurs missions dans le nord du Haut-Canada (qui devient l’Ontario en 1867 avec l’AANB) et dans l’Ouest canadien.

La commission Bagot

Autour des années 1840, le gouvernement britannique se questionne sur la meilleure façon de gérer les peuples autochtones qui habitent le territoire. C’est pour cela que le gouverneur général des colonies britanniques d’Amérique du Nord, Charles Bagot, lance une commission d’enquête sur l’administration des « Affaires indiennes » en 1842.

La commission Bagot remet son rapport en 1844. Plusieurs recommandations y sont faites. Le rapport touche des points importants, comme la gestion des terres autochtones et comment favoriser l’assimilation des Autochtones.

Ce rapport recommande la création de pensionnats dirigés par des communautés religieuses dans lesquels les enfants autochtones apprendraient la langue et les coutumes européennes. Il propose aussi de retirer ces enfants de leur famille et de les héberger dans les pensionnats, ce qui faciliterait leur assimilation.

Cette commission est un des points de départ du régime des pensionnats autochtones au Canada, qui prendra fin seulement en 1996. 

La loi sur les Indiens

Pour mieux encadrer les Autochtones, le gouvernement canadien dirigé par Alexander Mackenzie adopte la Loi sur les Indiens en 1876. Cette loi concerne les membres des Premières Nations, mais ne concerne pas les Métis ni les Inuits. Le but de la Loi sur les Indiens est de forcer l’intégration des Autochtones à la société canadienne en les assimilant. Sous cette loi, les « Indiens inscrits » (Autochtones) sont considérés comme mineurs, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas considérés comme des adultes. Cela fait en sorte qu’ils n’ont pas tous les mêmes droits que les Canadiens et Canadiennes. Le gouvernement gère plusieurs de leurs affaires, comme leur territoire. Ils se retrouvent donc dans une situation de dépendance envers le gouvernement canadien. Ce dernier utilise cette relation de dépendance pour atteindre son but, soit l’assimilation des peuples des Premières Nations.

Alexander Mackenzie

Alexander Mackenzie

Source : Alexander Mackenzie [Photographie], avant 1892, Wikimedia commons, (URL). CC0 1.0.
Définitions
  • L’assimilation désigne le fait pour un groupe dominant de chercher à intégrer un groupe ou une minorité dans sa population en lui enlevant son caractère distinctif (sa culture).
  • Un Indien inscrit est un terme juridique pour identifier les membres des Premières Nations qui sont inscrits comme Indiens au registre officiel en vertu de la Loi sur les Indiens. 

Le gouvernement veut que les communautés autochtones abandonnent leur culture pour devenir anglophones et protestantes ou francophones et catholiques, selon la province dans laquelle elles se trouvent. Le gouvernement met alors en place divers moyens pour y arriver. Par exemple, les enfants autochtones sont envoyés dans des pensionnats dans le but de les assimiler à la société canadienne. 

La Loi sur les Indiens est modifiée à plusieurs reprises au fil des années et est toujours en vigueur au Canada aujourd’hui.

Important!

Le terme Indien (Statut d’Indien, Indien inscrit, Indien non inscrit, Loi sur les Indiens) est utilisé au Canada dans un cadre légal en raison de la Loi sur les Indiens de 1876.

De nos jours, le terme Indien dans tout autre contexte que celui-ci peut être considéré comme offensant et irrespectueux. Autochtone ou membre des Premières Nations sont les termes à utiliser. 

Un groupe de personnes habitant la réserve de Mashteuiatsh

Des habitants de la réserve de Mashteuiatsh au Lac-Saint-Jean

La Loi sur les Indiens a pour but d’assimiler les Autochtones afin qu’ils ressemblent davantage aux Canadiens.

Source : Indiens de la Pointe-Bleue [Photographie], Buies, A., 1896, BAnQ, (URL).

Les traités numérotés

Au 19e siècle, la vie des peuples autochtones de l’Ouest canadien devient de plus en plus difficile. 

La construction du chemin de fer accélère la colonisation de l’ouest en permettant à des milliers de colons d’accéder au territoire. L’arrivée de ces colons a de nombreux impacts : 

  • de nouvelles maladies apparaissent et frappent durement les communautés autochtones,
  • l’établissement des colons et le développement de l’agriculture réduit considérablement les territoires de chasse et de pêche des peuples autochtones. Au même moment, la chasse excessive du bison, encouragée par le gouvernement, prive les peuples autochtones d’une ressource essentielle. Ils se retrouvent alors dans une situation de plus en plus incertaine.

Après le soulèvement métis de 1869, le gouvernement canadien décide de prendre possession des terres de l’ouest de manière légale, en négociant des traités avec les peuples autochtones qui y habitent. Les communautés autochtones acceptent de signer ces ententes, qu’on appelle les traités numérotés, parce que leurs conditions de vie sont devenues très difficiles. Les communautés négocient pour inclure dans ces traités de l’aide pour survivre et pour protéger leur avenir. Toutefois, ce qui a été mis par écrit dans les traités ne correspond pas toujours à ce qui avait été promis à l’oral au moment des négociations. Ces différences entre les paroles (l’élément le plus important pour les peuples autochtones) et les écrits ont causé beaucoup de mécontentements, et ce, encore aujourd’hui.

Entre 1871 et 1921, 11 traités numérotés sont signés. Ces traités entrainent la création de plusieurs réserves

Le Traité no 6

Le Traité n° 6 est l’un des 11 traités numérotés. Les peuples autochtones signataires de ce traité ont négocié et obtenu la promesse d’une assistance en cas d’épidémie ou de famine, ainsi que le maintien d’une « armoire à médicaments » pour assurer l’accès aux soins de santé.

Portrait de Mistahi maskwa (Big Bear).

Mistahi maskwa (Big Bear), chef cri

Le chef cri Big Bear a longtemps résisté à la signature du Traité n° 6 pour protéger la liberté et le mode de vie traditionnel de son peuple. Après avoir lutté pendant 7 ans, la disparition des bisons et une famine l’ont forcé à capituler en 1883. Il s’est résigné à signer l’entente pour obtenir de la nourriture et assurer la survie des siens.

Source : Mistahi maskwa (Big Bear), vers 1825-1888, un chef cri des Plaines [Photographie], Buell, O., 1885, Bibliothèque et Archives Canada, (URL).[3]

Pour en savoir plus sur ce traité, consulte l’article Traité n° 6 de l’Encyclopédie canadienne.

Carte des traités numérotés au Canada.
Source des données : Themightyquill, 2011.[4]

La création des réserves

Avec l’avancée de la colonisation au cours du 19e siècle, les colons empiètent de plus en plus sur le territoire habité par des Autochtones. Ceux-ci ont de la difficulté à subvenir à leurs besoins, car leurs terres de chasse diminuent au fur et à mesure que les colons s’y installent. À partir des années 1870, pour soutenir la colonisation et avoir le contrôle du territoire, le gouvernement attribue de petites zones clairement délimitées aux communautés autochtones. Elles leur sont exclusives et sont appelées « réserves ». Les Autochtones n’ont donc plus accès au vaste territoire qu’ils occupaient auparavant.

En échange de la prise de leurs terres, le gouvernement fédéral leur fournit de l’argent et des services par le biais des réserves. Toutefois, les services offerts sont parfois insuffisants, ce qui crée différents problèmes sur certaines réserves comme l’accès à l’eau potable. Sur le territoire des réserves, les Autochtones bénéficient entre autres de droits de chasse et de pêche. Par contre, le territoire appartient au gouvernement fédéral et les communautés n’y ont aucune autonomie.

L’objectif du gouvernement, en créant des réserves, est d’amener les différents groupes autochtones à se sédentariser et à adopter l’agriculture comme moyen de subsistance. Le gouvernement croit ainsi que les peuples des Premières Nations seront plus faciles à assimiler à la société canadienne.

En savoir plus

En date de 2021, le gouvernement canadien est toujours « responsable » des peuples autochtones du Canada. Il doit donc s’assurer que ceux-ci ont accès à de bons services. Toutefois, plusieurs infrastructures qui permettent d’acheminer l’eau potable dans les réserves autochtones canadiennes sont déficientes. Ainsi, plusieurs personnes habitant dans des réserves un peu partout au pays n’ont pas accès à de l’eau potable ou ont de la difficulté à entretenir les infrastructures en raison du manque de ressources. Il s’agit d’un problème ayant un grand impact négatif sur les communautés.

Ligne du temps des événements entourant la Loi sur les Indiens.

Cette carte présente les différentes nations autochtones occupant actuellement le territoire du Québec. Parmi celles-ci, il y a la nation inuite qui, comme mentionné plus haut, n’est pas soumise à la Loi sur les Indiens.

Références