Matières
Niveaux
La guerre de la Conquête est un conflit qui oppose la Nouvelle-France aux Treize colonies. La conquête britannique mène au Régime militaire en attendant la Proclamation royale de 1763.
La guerre de la Conquête (1754-1760) oppose la Nouvelle-France aux Treize colonies. Elle s’inscrit dans le contexte plus large de la guerre de Sept Ans (1756-1763) qui oppose la France et la Grande-Bretagne.

Au début de la guerre de la Conquête, le rapport de force entre la Nouvelle-France et les Treize colonies est très inégal.
La Nouvelle-France possède un immense territoire peu peuplé, ce qui le rend difficile à défendre. De plus, la France est affaiblie par les conflits des années passées. Elle concentre ses efforts militaires en Europe et non en Nouvelle-France.
La Grande-Bretagne, de son côté, investit beaucoup dans ses forces militaires en Amérique dans le but de prendre possession de la Nouvelle-France et de ses ressources.
| Territoire | Nouvelle-France (Canada, Acadie, Louisiane) | Treize colonies (New Hampshire, Massachusetts, Rhode Island, Connecticut, New Jersey, New York, Pennsylvanie, Delaware, Maryland, Virginie, Caroline du Nord, Caroline du Sud, Géorgie) |
| Population | Environ 82 000 personnes | Environ 1 600 000 personnes |
| Structure politique | Un système politique uni : prise de décision rapide | 13 systèmes politiques : prise de décision plus lente |
| Effectifs militaires |
Effectifs militaires d’environ 21 000 hommes Présence de 38 navires de guerre |
Effectifs militaires d’environ 90 000 hommes Présence de 116 navires de guerre |

Les affrontements qui ont lieu dans la vallée de l’Ohio en 1754 marquent le début de la guerre de la Conquête. Ce territoire, très important pour le contrôle du commerce des fourrures, est revendiqué autant par la France que la Grande-Bretagne. Les Britanniques tentent de prendre le contrôle de la vallée de l’Ohio par la force.
Durant ces premiers combats, les Français, bien qu’ils soient moins nombreux, remportent plusieurs victoires. Ils y parviennent entre autres grâce au soutien militaire de leurs alliés autochtones.
La majorité des hommes valides et des adolescents de la Nouvelle-France sont enrôlés dans la milice. Ils jouent un rôle majeur dans les victoires remportées par la France étant donné qu’ils sont 2 fois plus nombreux que les soldats de métier dans les forces françaises présentes lors de la guerre de la Conquête.
La milice est formée de groupes d’habitants qui prennent les armes aux besoins, à l’appel du gouverneur. Les miliciens viennent en aide aux soldats de métier.
Les Autochtones utilisent la stratégie de la « petite guerre », qui consiste en de brèves attaques-surprises. Ces attaques nécessitent peu d’effectifs, car elles sont menées par de petits groupes.
Depuis le traité d’Utrecht en 1713, la Grande-Bretagne possède une partie de l’Acadie, soit la Nouvelle-Écosse. Or, les immigrants britanniques qui s’installent en Nouvelle-Écosse demeurent fortement minoritaires par rapport aux Acadiens, colons d’origine française, qui occupaient déjà le territoire avant leur arrivée.
En 1755, les autorités britanniques décident de déporter les Acadiens vers d’autres colonies britanniques et la Grande-Bretagne. Deux raisons motivent cette décision :
Bien que plusieurs centaines d’entre eux réussissent à fuir vers la Nouvelle-France, environ 10 000 Acadiens sur 13 000 sont déportés.

La lecture de l’ordre de déportation
En 1758, le vent tourne pour les Français qui accumulent, jusque-là, plusieurs victoires. Les Britanniques, mieux soutenus par leur métropole que les Français, attaquent sur 3 fronts différents (vallée de l’Ohio et Grands Lacs, vallée du lac Champlain, golfe du Saint-Laurent) et remportent des batailles.
La prise de possession de la forteresse de Louisbourg, en Acadie, est une importante victoire britannique. La prise de Louisbourg donne aux Britanniques le contrôle de l’accès au fleuve Saint-Laurent. Ces derniers peuvent ainsi empêcher le ravitaillement venant de la France pour Québec et Montréal.
Une métropole est un État qui possède et administre des colonies, c’est-à-dire qu’il exploite des territoires à l’extérieur de son pays.

L’attaque de la forteresse de Louisbourg par les troupes britanniques
En 1759, les troupes britanniques remontent progressivement le fleuve Saint-Laurent en poursuivant l’objectif de conquérir Québec et Montréal, les centres politique et économique de la Nouvelle-France.
En juin 1759 sous le commandement du général britannique James Wolfe, les troupes britanniques assiègent et bombardent la ville de Québec pendant plusieurs mois. Wolfe tente également une attaque près de la ligne de défense française, non loin de la chute Montmorency, mais ce sera un échec.
Une ville est assiégée lorsqu’une force armée ennemie l’encercle complètement dans le but de la couper du reste du monde et de l’attaquer. On appelle cela faire le siège d’une ville.
Durant le siège, le général Wolfe donne l’ordre de brûler et de piller les villages, les champs et les récoltes autour de la ville de Québec. Cette stratégie a pour but de faire peur aux habitants de Québec, mais aussi de couper leur accès à la nourriture.

Les troupes britanniques se dirigent vers Québec
En septembre 1759, le siège de Québec est toujours en cours, mais la ville continue de résister. Les troupes britanniques savent qu’elles doivent réussir à prendre la ville avant l’arrivée de l’hiver, puisque la glace qui se forme sur le fleuve l’hiver emprisonnerait leurs navires. C’est pour cette raison que, dans la nuit du 12 au 13 septembre 1759, Wolfe et ses troupes débarquent à l’anse au Foulon pour y escalader les falaises jusqu’aux plaines d’Abraham.
En matinée, le lieutenant-général français, Louis-Joseph de Montcalm, décide d’affronter les troupes britanniques sur les plaines d’Abraham sans attendre les renforts.

La bataille, remportée par les Britanniques, se termine rapidement. La ville de Québec capitule 4 jours plus tard.
Capituler est le fait de se rendre à l’ennemi et d’abandonner les combats.
Au printemps 1760, les Français tentent de reprendre Québec des mains des Britanniques. Les troupes du chevalier de Lévis, à moitié composées de miliciens, marchent vers Québec et affrontent les troupes britanniques à Sainte-Foy. Les Français en sortent vainqueurs, mais ne peuvent pas reprendre possession de Québec, là où les Britanniques se sont repliés.
Les ressources disponibles étant insuffisantes, les troupes françaises comme les troupes britanniques attendent du ravitaillement venant de leur métropole. Les troupes britanniques sont les premières à recevoir du ravitaillement. Cela pousse les troupes françaises à se replier.
En septembre 1760, Montréal capitule sans prendre les armes afin d’éviter de faire plus de victimes. Cet évènement marque donc la fin de la guerre de la Conquête.
