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Les humains se regroupent de façon permanente pour se protéger et pratiquer l’agriculture, ce qui mène à l’apparition des premiers villages et à une nouvelle organisation sociale.
Un meilleur accès à la nourriture entraine une croissance importante de la population. Étant donné que les personnes n’ont plus à se déplacer pour se nourrir, elles choisissent un endroit pour s’y installer de manière permanente. Les êtres humains se regroupent alors en plus grand nombre, pour mieux se protéger et produire plus de nourriture. Ce phénomène conduit à l’apparition des premiers villages.
Les premiers villages du Néolithique pouvaient regrouper quelques centaines ou même quelques milliers d’habitants. Des fortifications étaient érigées autour de certains d’entre eux afin d’assurer la protection des habitants, des récoltes et des troupeaux. Les habitations des premiers villages étaient rondes ou semi-rondes.
Au fil du temps, les villages grandissent. Les maisons prennent une forme rectangulaire et sont collées les unes sur les autres. On entrait dans celles-ci par une ouverture sur le toit.
Une fortification sert à protéger un lieu des attaques ennemies. Elle peut être simple (comme une palissade) ou plus élaborée (comme une muraille).
Les villages de Mallaha, Mureybet et Çatal Höyük sont parmi les plus anciens villages du Néolithique. Ils fournissent de nombreuses informations sur la vie des premières populations sédentaires.
Le terme sédentaire désigne une personne ou un groupe qui s’établit de façon permanente sur un territoire.


Le site archéologique de Mallaha est situé dans le territoire qui est aujourd’hui Israël. C’est un des endroits où on peut observer les premières traces du mode de vie sédentaire, comme :
Lorsqu’il était habité, le site de Mallaha était situé près de marais et de forêts denses. Le nombre de personnes habitant le village n’a pas été estimé puisque les fouilles du site archéologique n’ont touché qu’une partie du village.
Les maisons à Mallaha sont de forme ronde ou de forme semi-ronde. Elles sont à moitié creusées dans le sol. Les murs étaient construits avec des poteaux de bois et leur base était formée de morceaux de pierre.
Dans les maisons, on trouve :
Le site de Mallaha ne montre pas de traces d’agriculture ou d’élevage. Ses habitants se nourrissaient des produits de la chasse, de la pêche et de la cueillette.
Différents objets ont été retrouvés à Mallaha. Parmi ceux-ci se trouvent des lames en silex dentelé. Ce type de lame est une nouveauté. Elle permet de fabriquer des outils plus efficaces. Des objets décoratifs ont aussi été retrouvés, comme des figurines en calcaire.
Des sépultures ont été retrouvées autour des habitations. Les personnes étaient enterrées seules ou encore par groupes de 2 ou 3. Par l’organisation des sépultures et par le peu de bijoux retrouvés, il est difficile de déterminer s’il y avait une hiérarchie sociale à Mallaha.
Mureybet est un autre village du Néolithique. Il est situé sur le territoire actuel de la Syrie. Des fouilles archéologiques ont permis de retrouver certaines des plus anciennes traces d’activités agricoles. On y a également découvert de nouvelles manières de construire des habitations.
La manière de bâtir les maisons à Mureybet a changé à travers le temps. Au départ, les habitations ressemblent à celles du village de Mallaha. Elles étaient construites à moitié creusées dans le sol.
Au fil du temps, les habitations seront construites au niveau du sol, pour finalement être construites au-dessus du sol, sur des fondations. Cela fait en sorte que les pièces dans la maison sont plus hautes que le sol autour de la maison. Cet espace sous les pièces aide à protéger la maison contre le froid et l’humidité. Il peut aussi servir à entreposer de la nourriture.
Cette nouveauté arrive en même temps qu’un autre changement important : les maisons sont maintenant de forme rectangulaire plutôt que de forme ronde.
Les fouilles archéologiques ont aussi permis de trouver des bâtiments plus grands que les habitations. Ceux-ci auraient servi d’espaces communautaires.
C’est à Mureybet qu’on retrouve les vestiges des premières traces d’agriculture. On y cultivait de l’orge, du blé, des pois et des lentilles. L’élevage de chèvres et de moutons commence également.
Les habitants pratiquaient tout de même encore la cueillette et la chasse.
Les sépultures trouvées à Mureybet se trouvaient entre les maisons ou dans des maisons abandonnées. Elles étaient pour la plupart individuelles. Certaines personnes ont été enterrées avec des perles et des vases. Ces personnes auraient eu une position sociale plus élevée.
Différents matériaux sont utilisés pour fabriquer les outils et les objets. Par les vestiges, on constate :
Çatal Höyük est un site archéologique situé sur un territoire qui est aujourd’hui en Turquie. Ce site est très important dans l’étude des sociétés du Néolithique. Les archéologues y ont trouvé les vestiges d’une architecture particulière ainsi que des fresques et des éléments artistiques.
Les bâtiments de Çatal Höyük ont une architecture particulière. Ils sont de forme rectangulaire ou carrée et sont collés les uns aux autres. La circulation se fait sur le dessus des bâtiments et les personnes y accèdent par des ouvertures sur les toits et des échelles.

Des vestiges de Çatal Höyük
La base des murs des bâtiments est visible sur la photographie prise sur le site archéologique.
Les bâtiments sont construits avec des murs de brique soutenus par du bois et recouverts d’argile.
Chaque maison est composée d’une ou de deux pièces. On y trouve un foyer central, un four intégré au mur et des banquettes pour s’asseoir.

Une reconstitution de ce à quoi pouvait ressembler un four dans une maison de Çatal Höyük
Les personnes habitant à Çatal Höyük pratiquent l’agriculture et l’élevage. Elles cultivent :
Des techniques d’irrigation auraient été utilisées pour atteindre et entretenir les champs cultivés.
Les habitant(e)s font également de l’élevage principalement de porcs, de moutons et de chèvres.
L’irrigation est l’action d’arroser les terres lorsque les précipitations sont insuffisantes.
La production artisanale à Çatal Höyük est très importante. De nombreux ateliers de production ont été retrouvés. Les artisans produisaient des armes, comme des poignards en obsidienne. L’obsidienne est une sorte de pierre qu’on ne retrouvait pas naturellement dans cette région. Sa présence sur le site de Çatal Höyük est une preuve des échanges commerciaux qui se faisaient entre les villages.
Les objets retrouvés sur le site ont aussi montré que la population maitrisait les techniques de la poterie. Les artisans fabriquaient, par exemple, des récipients en terre cuite. Les artisans sont également capables de sculpter et de polir le marbre pour en faire des vases ou des bijoux.
Des pièces ornées de fresques ont été retrouvées dans plusieurs bâtiments. Des scènes de chasse, des animaux et des divinités y sont représentés. Des figurines en terre cuite ont aussi été retrouvées. Elles représentent des dieux et des déesses.

Une statuette de femme assise
Les sépultures ont été retrouvées dans les maisons. Toutes ces sépultures renferment des objets. Il est donc difficile de distinguer des indices d’une hiérarchie sociale. Les sépultures d'une seule personne sont rares.
Les vestiges sont ce qui reste des objets, des bâtiments ou d’autres traces de l’activité humaine.
Ce qu’on connait des sociétés du Néolithique nous vient principalement des vestiges qu’elles ont laissés derrière elles. Ils nous informent du mode de vie, des croyances et de l’organisation sociale des premiers villages.
Les vestiges peuvent prendre plusieurs formes :
Les archéologues effectuent des fouilles à la recherche de ces vestiges pour tenter de mieux comprendre les sociétés du passé et leur mode de vie.

Le Dolmen de Poulnabrone, en Irlande
Cette structure a servi de lieu de sépulture pour plusieurs personnes.
Comme il y a de plus en plus de personnes qui vivent ensemble dans les villages et que ces personnes doivent travailler ensemble pour réaliser les travaux nécessaires pour l’agriculture, on peut penser que les personnes au Néolithique développent des modèles d’organisation sociale. Une nouvelle hiérarchie sociale se met donc en place.
Comme il n’y a pas de document écrit pour décrire cette organisation, elle doit être étudiée à travers les vestiges laissés par ces sociétés. Les sépultures sont un bon indice afin de savoir s’il y avait une hiérarchie dans une société. Si certaines personnes sont enterrées seules et ont beaucoup d’objets et de bijoux avec elles alors que d’autres personnes sont enterrées ensemble dans une même sépulture sans aucun objet, on pourrait conclure que certaines personnes ont une position sociale plus élevée.
Une position sociale plus élevée pourrait venir de l’occupation de la personne (avec la division du travail). Un artisan ayant un savoir-faire particulier pourrait ainsi avoir un plus haut statut dans le village. Un commerçant ou une personne possédant plus de propriétés (des biens et des terres) pourrait également avoir plus de pouvoir et une position sociale plus élevée.