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De nombreuses langues sont parlées au Canada. Au Québec, une attention particulière est accordée à la protection de la langue française, entre autres dans l’affichage public et dans les écoles. À travers le Canada, des mesures sont prises afin de soutenir les langues autochtones.
Depuis les années 2000, la population du Québec change : on y trouve de plus en plus de personnes dont la langue maternelle n’est ni le français ni l’anglais. En 2021, 13,9 % de la population québécoise avait une langue maternelle autre le que français ou l’anglais.[1]
Pour soutenir la langue française dans la province, le gouvernement du Québec priorise l’arrivée d’immigrants qui connaissent déjà la langue. Des cours de francisation ou des classes d’accueil sont également offerts pour aider les personnes immigrantes à apprendre le français. Grâce à ces efforts, le français reste la langue utilisée chaque jour par la grande majorité de la population. Même si beaucoup d’immigrants parlent une autre langue à la maison, ils utilisent le français pour participer à la vie de tous les jours au Québec.
En 2021, il y a près d’un million de francophones au Canada qui vivent ailleurs qu’au Québec. Le nombre de personnes bilingues est encore plus élevé. Elles sont principalement établies en Ontario, au Nouveau-Brunswick et en Alberta[2].
Les travaux de la Commission Laurendeau-Dunton ont mis en lumière les inégalités socio-économiques vécues par les francophones, souvent moins bien payés et moins respectés. Ces constats ont forcé le gouvernement canadien à adopter, en 1969, la Loi sur les langues officielles, qui reconnait l’égalité du français et de l’anglais et garantit des services fédéraux dans les deux langues.
Face à la crainte d’un déclin démographique et à l’anglicisation croissante des immigrants, le Québec a adopté plusieurs lois pour faire du français la principale langue d’usage.
Ce processus a culminé en 1977 avec l’adoption de la Loi 101 (la Charte de la langue française). Cette loi a transformé la société québécoise en établissant le français comme la seule langue officielle de la province. Elle a imposé son usage dans l’affichage public, le milieu du travail et, surtout, a rendu l’école francophone obligatoire pour la majorité des enfants issus de l’immigration.
Plusieurs contestations judiciaires ont mené à des jugements de la part des tribunaux en lien avec la Loi 101. Elle a ainsi connu de nombreuses modifications depuis son adoption.
L’obligation d’utiliser uniquement le français pour l’affichage public était l’un des points les plus contestés de la Loi 101. Dans la population, des groupes anglophones se mobilisent pour renverser ou au moins faire modifier cet aspect de la loi.
| 1988 - Jugement de la Cour suprême du Canada | Ce jugement statue que l’obligation d’utiliser seulement le français dans l’affichage commercial et public va à l’encontre de la liberté d’expression. Toutefois, il serait possible d’exiger une nette prédominance du français dans cet affichage. |
| 1988 - Adoption de la Loi 178 | Le français demeure la seule langue d’affichage à l’extérieur, mais à l’intérieur, il est possible d’utiliser le français et une autre langue. Il faut toutefois que le français soit prédominant (plus visible). |
| 1993 - Projet de loi 86 | L’affichage bilingue est permis de manière générale (autant à l’intérieur qu’à l’extérieur), mais le français doit être prédominant. |

Façade du magasin Home Depot
Étant donné que le nom du magasin est en anglais, la compagnie a choisi d’ajouter du texte en français à sa façade. Elle en profite aussi pour dire ce qu’on trouve dans le magasin, soit des éléments pour la rénovation.

Façade du magasin Bureau en gros
Ailleurs au Canada, cette compagnie est connue sous le nom de Staples (agrafes en français). Comme ce nom est anglophone, la compagnie a décidé de le changer au Québec pour Bureau en gros, un nom francophone. On voit aussi que le reste de la façade est écrit en français.
L’adoption de la Loi 101 a marqué un tournant majeur : elle a fait du français la langue d’enseignement principale dans les écoles. Avant cette loi, la langue d’instruction était plus flexible, ce qui favorisait l’anglais.
Dorénavant, la majorité des élèves au Québec, y compris les enfants de personnes immigrantes, doivent fréquenter les écoles francophones. L’accès aux écoles anglophones est restreint aux enfants dont les parents ont eux-mêmes fait leurs études primaires en anglais au Canada.
La langue d’enseignement est une source de contestation et de conflit. De nombreux parents auraient voulu envoyer leurs enfants à l’école anglophone, mais la Loi 101 en restreint grandement l’accès.
Au début des années 1980, pour contourner les règles de la Loi 101, certains parents envoient leurs enfants dans des écoles anglaises privées non subventionnées. Ces écoles servaient de « passerelles » : une fois scolarisé en anglais dans le privé durant un an, l’enfant pouvait être admis dans le système public anglophone. Elles permettaient ainsi aux parents de contourner les règles et d’envoyer leurs enfants à l’école anglophone et non à l’école francophone.
Avec le temps, les règles pour aller à l’école anglaise sont devenues plus strictes. Au cours des années 2000, quelques lois ont été adoptées, puis modifiées pour rendre l’accès aux écoles anglophones subventionnées à travers les écoles passerelles plus compliqué. Par exemple, en 2010, une loi établit différents critères comme la fréquentation à une école anglaise privée et non subventionnée durant au moins trois ans avant de pouvoir passer au réseau public ou subventionné.
Le territoire canadien compte plus de 70 langues autochtones[3]. Elles sont classées en 12 familles linguistiques, comme les langues algonquiennes, inuites et iroquoiennes. Au Québec, une dizaine de langues autochtones sont encore parlées activement par les différentes nations.
Ces langues constituent un moyen de transmission important pour la culture, l’histoire et les connaissances des peuples autochtones. Ces langues ne sont toutefois pas reconnues officiellement dans la Loi constitutionnelle de 1982.

La majorité des langues autochtones au Canada sont à risque de disparaitre étant donné le peu de personnes qui sont encore en mesure de les parler. Actuellement, environ 40 langues autochtones sont parlées par 500 personnes ou moins[5]. Cette situation est le résultat des politiques d’assimilation mises en place par le gouvernement fédéral et par les gouvernements provinciaux comme les pensionnats autochtones et la Loi sur les Indiens. Ces mesures ont empêché les générations plus vieilles de transmettre la langue et la culture à leurs enfants.
L’inuktitut est la seule langue qui n’est pas considérée comme menacée, car le nombre de personnes la parlant au Nunavut et au Québec est suffisant pour en assurer la viabilité.
Le territoire du Nunavut a 3 langues officielles :
La Loi sur les langues officielles du Nunavut garantit par exemple le droit de recevoir des services du gouvernement dans la langue de son choix.
Ce territoire a également adopté la Loi sur la protection de la langue inuite. Celle-ci a pour but d’aider à protéger l'inuktitut et de le promouvoir, que ce soit pour l’apprendre ou pour travailler dans cette langue (dans les institutions territoriales).

Un panneau d’arrêt trilingue à Iqualuit, au Nunavut
Différentes mesures sont mises en place pour soutenir la pratique des langues autochtones. En 2019, le gouvernement fédéral a adopté la Loi sur les langues autochtones. Cette loi fournit des outils pour la protection et la promotion de ces langues.
Selon les données de recensement, de plus en plus d’Autochtones apprennent leur langue ancestrale comme langue seconde. Cet apprentissage est favorisé par des programmes d’immersion scolaire, la normalisation de l’orthographe et l’enseignement de ces langues en classe. Des organismes ont également été créés pour soutenir les langues autochtones et participer à leur transmission.
Il existe plusieurs ressources pour en apprendre plus sur les langues autochtones.
Sur le site d’Alloprof, tu peux trouver des lexiques de différentes langues parlées par des peuples des Premières Nations.